Midnight Club: Los Angeles

La cité des angles.

Vous êtes un looser ! Nous sommes tous des loosers. Tout est trop difficile, sauf quand nous avons réglé la difficulté au minimum, ce que nous faisons semblant de ne pas remarquer, et puis nous allons en ligne pour nous faire massacrer par des gamins. Les points de sauvegarde sont toujours mal placés, il n'y a jamais assez de points de vie, les armes sont minables et l'IA triche. Devant le sombre tableau de nos compétences déclinantes (d'accord, j'exagère un peu) dans les jeux vidéo du XXIe siècle, Midnight Club: Los Angeles est un souffle d'air frais parfois chargé de promesses ; un camp d'entraînement féroce et souvent brillant pour remettre à niveau les éclopés.

En l'occurrence, l'instructeur qui dirige les exercices est un certain Mr Angeles, un mec d'un mauvais goût ostentatoire dans la vie réelle et qui n'a ici rien d'impressionnant au niveau visuel, bien que partageant le même moteur que Grand Theft Auto IV de Rockstar North. Cependant, on oublie vite ses textures criardes au fil de la superbe alternance du jour et de la nuit et encore plus rapidement quand il commence à vous envoyer vers Santa Monica, Hollywood, Beverly Hills et Downtown dans un secteur de la ville compris entre les autoroutes 5 et 405 d'est en ouest et 10 et 101 du sud au nord.

Quand Rockstar North s'était inspiré pour Liberty du plan de New York, il avait sacrifié des détails réels au profit d'éléments fictifs pour les besoins du gameplay. Midnight Club Los Angeles utilise la même astuce, mais à la place de la fiction et des niveaux d'action de GTA, l'objectif est de maintenir la vitesse du joueur en voiture ou en moto et, par conséquent, la seule chose qui vous ralentit sont les véhicules contrôlés par les PNJ et les murs. Les piétons dégagent du chemin en quatrième vitesse et les lampadaires, les barrières de chaînes, les poubelles et les abris de bus se désintègrent au contact – on peut aussi slalomer entre - tandis que votre vitesse augmente sans préjudice dans les deux cas. On peut frotter sans problème contre les murs, malgré les aspérités de leur surface, même s'ils sont dangereux quand on les percute trop frontalement. Vous jouez dans un labyrinthe bien délimité où la plupart des éléments de la ville et les détails visuels précis sont d'une influence secondaire sur le gameplay.

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L'impression de vitesse est sensationnelle, même dans les premières heures, et il y a quelques voitures et motos incroyablement rapides un peu plus loin dans le mode solo.

Malgré tout, ils contribuent à faire monter la tension. Midnight Club LA, qui est avant tout une course avec des checkpoints, est pratiquement tout le temps un monde ouvert au niveau de ses circuits et de ses poursuites d'un point à un autre et, quand on jette un coup d'oeil à la mini-carte qui indique les deux prochains checkpoints et que l'on revient ensuite à la route, l'importance des informations visuelles submerge les sens. S'il s'en tenait à l'essentiel – les virages et les voitures – le jeu pourrait prétendre à une pureté comparable à celle de WipEout, mais ce n'est pas ce qu'il recherche. Midnight Club LA veut que sous l'effet de la vitesse les décors ne soient plus qu'une tâche confuse dans le style de Fast And Furious, tandis que vous foncez comme un malade sur les immenses boulevards de la ville, empruntant des échangeurs, passant sous des ponts et sur des bretelles d'accès pentues, décollant du sol et empruntant parfois au jugé des raccourcis inattendus, sans cesse mis en danger par les phares et les lumières de la ville sur votre chemin vers le prochain checkpoint.

Les voitures – même les trois du début, nerveuses mais brinquebalantes – sont construites pour aller vite dans une seule direction : l'avant. Prendre des virages est un exercice à couper le souffle, car comme l’accélération est très progressive il faut freiner le moins possible. Nous n'étions a priori pas convaincus par l'idée d'ajouter des motos, mais une fois de plus l'équilibre est tout simplement parfait : l'accélération n'est pas toujours géniale et l'on est fatalement immobilisé plus longtemps qu'avec une voiture si l'on percute le capot de quelqu'un d'autre, mais les motos sont agiles ; les rues immenses de LA les avantagent dans les virages et, comme avec les voitures, même une collision avec des devantures de magasins se négocie avec fluidité et redirige la moto vers la route vous évitant de rester coincé plusieurs secondes à essayer de repartir comme c'est traditionnellement le cas dans les jeux vidéo.

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La version PS3 (celle testée ici) inclut les Trophées, ce qui fait plaisir à voir. Par contre, bonne chance pour les avoir tous… Cela vaut aussi pour les Succès de la 360.

Cependant, Midnight Club a toujours été un adversaire brutal et cette nouvelle version ne fait pas exception. En dehors des autres voitures et des murs, tous les éléments du monde sont en votre faveur, mais c'est fou à quel point ces voitures et ces murs peuvent vous haïr. Vous allez faire des tête-à-queue et des tonneaux, et au pire vous serez forcés de vous arrêter et de braquer pour vous remettre dans la bonne direction avant de revenir sur le circuit. Les courses, les épreuves contre-la-montre et les autres variantes du jeu durent souvent environ cinq minutes, voire un peu plus, et l'IA – même dans les premières heures – fait très peu de concessions aux joueurs qui sont parvenus à rester dans la course presque jusqu'à la fin, vous dépassant en trombe quand vous vous êtes plantés et vous forçant à recommencer la course.

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