Test - MotorStorm: Pacific Rift

Boueux...

Sorti en même temps que la PlayStation 3 en mars de l'année dernière, MotorStorm était une variation sans fioritures et basée sur une seule idée directrice de la série à succès WRC. Cela avait d'ailleurs permis à Evolution Studios de réaliser ce jeu, faisant courir plusieurs classes de véhicules sur un même circuit en utilisant l'innovation technique apparemment astucieuse de la déformation persistante du terrain. Malgré tout, même si les ornières laissées tour après tour dans le sillage de cette tempête de métal hurlant – avec tout ce que cela impliquait pour ceux qui venaient derrière - avaient fait les gros titres, étant donné qu'elles mettaient en exergue des choses que cette console, qui coûtait alors 500 euros, réussissait largement mieux que la génération précédente de machines, elles n'ont jamais été la caractéristique essentielle du premier jeu. Au contraire, nous avions été enchantés d'éprouver des sensations oubliées depuis l'apogée du SSX d'EA, sensation qui renaissent aujourd'hui comme le montre à merveille le succès critique obtenu il y a quelques semaines par l'excellent Pure de Black Rock Studios.

Pour MotorStorm: Pacific Rift, une suite dont la réalisation n'a pris que 18 mois, Evolution ne s'est pas attaché à la déformation du terrain, à tel point qu'elle est presque complètement transparente, préférant consacrer son temps à fournir une réponse étudiée aux critiques adressées au premier jeu. Cela signifie une meilleure définition de chacune des classes de véhicules, un système de boost amélioré, et des chemins alternatifs conçus pour mettre en exergue ces changements sur des circuits plus nombreux. Le développeur trouve aussi le temps, ce qui ne laisse pas d'impressionner, de proposer à nouveau la course sur écran partagé, qui était précédemment un élément essentiel du genre, dans la jungle des contenus téléchargeables.

C'est de la course non stop, 16 circuits sur lesquels il faut constamment se battre pour tenir la route, éviter les obstacles, chercher le chemin optimal, s'efforcer d'aller le plus vite possible dans l'herbe, la boue, les cailloux et l'eau, où l'on ne peut jamais s'en remettre à l'autopilotage, car cela conduit inévitablement à planter son véhicule et perdre du temps à retrouver sa vitesse maximum est un prix trop lourd à payer trop souvent si l'on veut gagner. Tirer le meilleur parti de l'accélération turbo de son véhicule est toujours vital et les niveaux avec de la lave en fusion et des mares d'eau jouent aussi un rôle dans la manière d'approcher chaque circuit. L'eau a des effets proportionnels à la taille des véhicules, permettant aux plus lourds de tracer leur chemin dans les vagues du Pacifique, d’atteindre en permanence une vitesse maximum et limitant, sans l'éliminer, la surchauffe du moteur pour les véhicules plus rapides comme les motos et les camions de course, tandis que la lave augmente considérablement la surchauffe.

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Les plus gros véhicules peuvent parfois remodeler le circuit en passant à travers un mur ou en écrasant certains obstacles dans des passages périlleux, mais c'est un facteur moins important que le véhicule et le choix du chemin.

La conception des circuits est plus élaborée qu'auparavant et chaque piste appartient maintenant à une catégorie générique distincte. Les circuits «Terre», sont denses et boueux, tandis que les circuits «Air» mettent en avant les bonds occasionnels sur les rochers du premier jeu et multiplient le nombre de sauts impressionnants pour accentuer la frénésie des ajustements de dernière minute avant chaque décollage, vous perturbant souvent en proposant plusieurs options. Les circuits «Feu» sont une bataille pour éviter les sinistres et éprouvants amoncellements de roches en fusion formant des obstacles imprévisibles, ainsi que les déclivités et les tunnels ciselés par l'activité volcanique que l'on voit en arrière-plan. Les circuits «Eau» sont similaires aux circuits «Terre», mais avec un plus fort accent mis sur le choix du chemin emprunté, soit pour l'adapter à votre véhicule, soit pour l'éloigner des courants et des mares qui peuvent lui donner plus d'allant mais aussi le noyer. Tous ces circuits sont remplis de chemins interconnectés qui augmentent ou cassent votre élan en fonction du véhicule que vous conduisez.

Certains de ces circuits sont magnifiques. The Edge reprend un peu le côté descente de falaise de Rain God Mesa, côté rocailleux mis à part, le tout pimenté de diverses subtilités. Caldera Ridge commence par une superbe descente de colline accompagnée d'un bref changement de l'angle de la caméra, ce qui permet par ailleurs de couper des virages avec des sauts qui doivent être précis au centimètre près. Sugar Rush est un autre moment fort : une ruée fantastique au travers d'un enchevêtrement de bâtiments métalliques rouillés faisant penser à un gruyère, avec des routes qui se divisent sur plusieurs niveaux dans un dédale de rampes et de passerelles avant de vous envoyer dans une plantation truffée de menaces.

Les rangées de canne à sucre pulvérisent les motocyclistes et font verser les buggies, voire des véhicules plus lourds, mais les camions énormes peuvent s'y frayer un chemin que les classes de véhicules plus légers peuvent suivre et, même si ces petites interactions entre les véhicules sont sans doute plus fortuites qu'attendues, les différentes catégories de véhicules sont nettement améliorées, notamment les superbes motos, dont la conduite est désormais suffisamment réactive pour justifier leur fragilité. Les buggies bénéficient d'un équilibre aussi bien étudié, mais les circuits leur demandent des facultés d'adaptation différentes, tandis que les nouveaux monster trucks peuvent se comparer à des taureaux massifs et d'une hauteur imposante. Le mode principal Festival, où les joueurs doivent se frotter à environ une centaine d'événements débloqués graduellement selon un système de classement en fonction de l'expérience, joue sur ces distinctions pour compenser son inévitable côté répétitif, et il y a quelques combats épiques parmi ses nombreuses courses, notamment une bataille solitaire en moto contre un groupe de 15 monster trucks et de semi-remorques.

Commentaires (2) Latest comment il y a 4 années

Fermés

  • Tchiko #1 il y a 4 années

    "Boueux..."

    Il manque un Z.
  • UnluckyKate #2 il y a 4 années

    Du peu que j'ai testé, c'est du Motorstorm comme j'aime. C'est ce qu'aurait du être le jeu en sortant avec la PS3 il y a deux ans. Aujourd'hui, c'est le minimum qu'on peut attendre d'un jeu, mais les sensations offerte par le concept sont intactes: c'est brutal, primitif, violent et rapide. Les circuits ont gagné en folie (plus de contrastes, plus de dénivelés, plus de gouffres, de falaises, de crevasses, de rampes...) et l'IA reste au top, ce qui rend le jeu difficile donc intéressant et long. Bref, la même mais en mieux, les fans vont adorer, les autres peuvent s'y essayer. Moi j'y retourne.