Test - NecroVisioN

Vous prendrez bien une tranchée de démon ?

Un développeur qui se dit : "Tiens, et si je faisais un FPS" doit être un brin maso. Les journalistes ne manqueront pas de le comparer à d'autres jeux, aux deux grosses références du moment, Crysis et Call of Duty, licences ayant visiblement la mainmise sur la production FPS. Crytek et Infinity Ward semblent avoir été déclarés vainqueur du concours des créateurs les plus légitimes en matière de FPS. Avec des solides outils marketing, tout le monde n'attend plus que ces deux développeurs. J'aimerais simplement crier un gros "SAPERLIPOPETTE" au monde entier devant ce fait accompli. Au secours, c'est quoi cette idiotie. Je n'ai rarement vu des développeurs avec si peu d'imagination.

Le premier part du principe qu'il faut de l'ultra réalisme, qu'il faut tout montrer jusqu'à la nervure de chacune des feuilles d'un arbre. La contrepartie ? Aucune bécane ne fait tourner ce jeu comme il faut. Le second est moins taré mais nous propose des jeux qui se plient en une poignée d'heures. Et à part la nanosuit, qu'on me trouve une seule idée originale dans ces jeux qui ont fait couler tant d'encre.

C'est avec l'énorme ambition d'un studio qui a tout à prouver que The Farm 51 (je ne sais même pas de quel pays ils sont originaires) a développé NecroVisioN. On dirait du Tarantino. Et d'une, ça se passe durant la Première Guerre mondiale, époque largement tue dans les jeux vidéo pour une raison qui m'échappe alors qu'il y aurait des trucs assez ignobles à montrer. Et puisque ça pourrait être réalisé par Tarantino, les démons finissent par entrer dans le conflit.

Ce mélange improbable est tout simplement exquis. Mais NecroVisioN ne se cantonne pas à proposer une excellente technique (je reviendrais dessus plus loin) et à mélanger un background à des personnages qui n'ont rien à y faire. Il sait également innover grâce à des mécanismes super sympas.

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Oui, c'est une interprétation libre de la Première Guerre mondiale.

Tout d'abord, il faut bien imaginer la Guerre de 14 et se remémorer les films que l'on a pu voir dessus. Oui, des tranchées, précisément. C'est justement cet environnement qui fait que l'on oublie la linéarité légendaire des FPS. Oui, NecroVisioN est linéaire mais ça ne me frappe que maintenant alors que je suis en train d'écrire le texte. Tout simplement parce que la pilule passe sans aucun problème bien mieux qu'en pleine jungle à Bagdad ou sur Mars. On passe donc d'une tranchée à un tunnel mais la monotonie ne gagne jamais. Il faut parfois résoudre un problème, désactiver un courant électrique par exemple ou tenir tête à des ennemis ou des boss. Il est également possible de trouver des endroits secrets, comme dans les FPS d'il y a dix ans. Ceux-ci vous permettent d'améliorer le niveau maximal de Furie.

Ah oui, c'est un peu complexe pour un FPS. Le niveau de Furie maximal permet d'enchainer les combos durant les affrontements. Je sais, ce n’est pas évident de parler de combo dans ce même type de jeu. Il faudra les découvrir au fur et à mesure. Ils sont de deux genres différents : il y a ceux qui sont issus de divers types d'attaque (coup de pied, tir, coup d'armes, par exemple) et ceux concernant la localisation des dégâts. Tirer deux balles dans la tronche d'un type, par exemple, constitue un combo appelé ‘Roulette Russe’. Cela fait en général éclater la tête de l'ennemi. En enchainant un coup de pied suivi de deux balles dans le corps (n'importe où), vous aurez un autre combo dont j'ai oublié le nom. En criblant de balles un ennemi (7 ou 8, quand on aime, on ne compte pas trop), vous déclencherez également le mode Furie. Plus vous enchainez les combos, plus votre mode Furie est dévastateur. Le mécanisme est efficace et à l'écran, c'est tout simplement génial. Le temps est alors distordu, vous avez le délai pour aligner les victimes. La plus petite balle a l'effet d'un véritable obus. Ce qui est affiché à l'écran devient alors assez trash !

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Les combos sont toujours ‘graphiquement explicites’ comme on dit chez les opposants aux jeux vidéo.

Lorsque vous terminez un niveau, certains défis sont proposés. Ils consistent à éclater un certain nombre de zombis d'une certaine façon (pelle + flingue uniquement par exemple) en un temps imparti pour réussir l'épreuve. Dans ce cas, vous obtenez un bonus dans le mode solo. C'est un peu comme si les succès que l'on peut trouver sur Xbox avaient été isolés et proposés sous cette forme d'épreuve. C'est plutôt sympa et en cas de réussite, vous obtenez un objet de façon permanente dans les parties solo. Tiens, tant que j'ai ça en tête. Qui dit solo, dit aussi multijoueurs. Il existe effectivement du multi dans NecroVisioN mais contrairement au mode solo, il est d'un classicisme absolu, rien d'intéressant de ce côté-là alors qu'avec les bases du solo, il y avait sans doute moyen de faire quelque chose de vachement bien.

Ces mécanismes sont particulièrement intéressants pour trouver un bon rythme qui manque un peu au départ, il faut bien le dire. Mais c'est précisément ça qui change des autres FPS. C'est le joueur qui crée le jeu et le rythme endiablé des parties et pas lui qui subit le jeu à grand renfort de script. Ici, j'ai vraiment l'impression de tout faire péter dans tous les sens et ne pas me retrouver dans une cinématique ingame vaguement interactive. Oh regardez à quel point le camion que vous avez poussé explose pilepoil au bon moment pour jeter de la poudre aux yeux. Comment ça je m'en prends au dernier Call of Duty ?!! Moi ??? Bon, oui, peut-être un peu...

Commentaires (3) Latest comment il y a 3 années

Fermés

  • Crafton #1 il y a 3 années

    Ca a l'air bien sympa ce jeu. Un nouveau Wolfenstein avant l'heure ?
  • leodeurl #2 il y a 3 années

    Ca n'a pas cette ambition, mais c'est en tout cas une réussite incontestable.Sont pas forts qu'en F1 ces polonais.
  • FrAg_LC #3 il y a 3 années

    "Imaginez ce que donneront tous ces jeux développés dans les Pays de l’Est le jour où les financements seront à la hauteur des idées de leurs créateurs..."

    Eh bien, j'imagine que ça donnera des "Call Of Duty : Polonian crackdown 2"...
    Je m'explique : Un grand financement est synonyme de gros investisseurs, eux mêmes synonymes de gros retour sur investissement, lui même synonyme de petites prises de risques, elles mêmes synonymes de gameplay standard, lui même synonyme de gameplay ciblant un grand public, et lui même synonyme de gameplay accessible mais pauvre, convenu, tape à l'oeil, et trop souvent assorti à une courte durée de vie (car le retour sur investissement est d'autant plus apprécié qu'il est rapide, emputant ainsi la finition et la durée de vie des gros titres).

    Certes, je caricature les choses avec un certain pessimisme, mais je ne me le serai pas permis si cette caricature ne collait pas aussi bien avec la triste réalité des éditeurs fortunés... Longue vie aux petits développeurs, que je dis, et tant pis si ça manque de polygones ou de "god rays" (cf. Crysis).