Test - Need for Speed : SHIFT
Un virage difficile
Need for Speed est passé par une crise d'identité. La série vedette de jeux de course d'EA – un numéro 1 assuré pour les fêtes de Noël il n'y a pas si longtemps - se devait de rencontrer un succès suffisamment important pour avoir confiance en elle. Elle avait les filles, elle était branchée de façon un peu vulgaire, et elle se vendait bien. Pourtant, elle en voulait plus. Un peu comme un jeune premier hollywoodien devenant parano, fatigué par un emploi du temps démentiel et des impératifs commerciaux impitoyables, Need For Speed aspirait au respect.
Après deux années hésitantes dans lesquelles la course en monde ouvert et les poursuites en voiture de police avaient été abandonnées puis reprises à la hâte dans ProStreet et Undercover (ce qui n'a contribué en rien à améliorer les choses dans les deux cas), la perte de confiance s'est muée en une schizophrénie galopante. Cette année, Need for Speed se dirige dans trois directions à la fois : un jeu PC gratuit pour l'Asie (World Online), les frictions d'arcade vieille école de Nitro sur Nintendo, SHIFT, une incursion sans relief dans le monde sans concession de la simulation de courses motorisées. En d'autres termes, l'idole des foules complètement carbonisée prend le temps de voyager autour du monde, d'écrire un livre pour enfants et de faire du théâtre indépendant loin de Broadway.
SHIFT est dans le même cas que cette idole : il fait une tentative méritoire et bien intentionnée pour s'attirer le respect de la critique. Dans son numéro de charme persistant envers les journalistes, EA a en l'occurrence été jusqu'à faire une liste des jeux de voitures que nous aimons (Project Gotham, Forza, Gran Turismo et Race Driver), embauchant quelques programmeurs britanniques talentueux pour les imiter (Slighly Mad Studios, qui a travaillé avec SimBin, le roi de la simulation scandinave, sur GTR2 et GT Legends), et appliquant sur tout ça une épaisse patine du vernis brillant éprouvé d'EA et quelques gadgets pour rassurer l'homme de la rue.
Le désormais incontournable indicateur de trajectoire de course n'est pas aussi bien jugé ou réactif que celui de Forza ou RACE Pro, ce qui provoque un freinage prématuré et induit un style qui n'a rien de fluide.
Le résultat est indiscutablement le meilleur jeu à porter le nom de Need for Speed depuis l'audacieux Most Wanted de 2005. Malgré tout, il se retrouve le cul entre deux chaises. Ce n'est plus un jeu identifiable comme un titre Need for Speed, mais il n'est par ailleurs pas tout à fait assez sophistiqué ou gracieux pour tenir son rang dans la société raffinée à laquelle il appartient désormais. Le pauvre petit enfant riche est largué.
De tous ses illustres nouveaux concurrents, SHIFT se rapproche le plus dans le style de l'époustouflant Race Driver : GRID de l'année dernière. Cela veut dire que c'est un jeu qui proclame haut et fort son appartenance au genre de la simulation de course, mais qui n'assume que légèrement son nouveau standing, empruntant tous les carénages en fibre de carbone, les modélisations des dégâts et les circuits de la vie réelle chers aux fans de voitures, mais visant à améliorer l'accessibilité et faire grimper l'excitation en donnant au pilotage un côté arcade très marqué. C'est un équilibre délicat à atteindre et qui en décevra toujours fatalement quelques-uns. Cependant, la vérité est que Slightly Mad n'y réussit pas, loin de là, avec la même finesse que Codemasters Racing Studio.
Alors que GRID offrait un pilotage relativement basique, mais précis et prévisible, avec un contrôle satisfaisant sur la voiture, on a avec SHIFT un monstre sauvage et ombrageux, qui a tendance à déraper nerveusement (et pas seulement avec les voitures à deux roues arrières motrices). Le pilotage est délicat et, même en activant les contrôles de stabilité et d'adhérence, votre voiture ne maintient au mieux qu'une relation ténue avec la route. On est loin aussi des glissades élégantes, bien contrôlées et progressives de PGR : c'est soudain et tout à fait effrayant.
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Commentaires (5) Latest comment il y a 3 années
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Non Shift n'a pas l'accessibilité d'un GRID parce que c'est un savant mélange de GTR sur PC et de PGR. Si vous abordez Shift comme un jeu de course arcade façon GRID en partant du principe que vous pouvez passer à fond partout, vous irez directement dans le mur. Tout comme votre test d'ailleurs qui n'a comme qualité que celle de montrer votre incompétence à tester une jeu de course auto. Et c'est bien dommage
@zekiler: oui une démo est prévue, début octobre ;)
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Je vais quand même le prendre je pense.
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Mais bon, c'est juste un point du jeu qui me frustre un peu...