Test - Need For Speed Undercover

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Le flacon plutôt que le contenu. Le plus petit dénominateur commun. Frame-rate effroyable. Cutscenes médiocres. Courbe de difficulté plane. BANG, BANG. Désolé mes chers lecteurs, le moteur de test Need For Speed vient de s’emballer. Ça n’arrivera plus promis. EA avait pourtant eu la bonne idée pour Undercover, et tous ceux qui ont déjà joué à Hot Pursuit ou Most Wanted ne me contrediront pas, de revenir à certaines des meilleures idées de la série – les poursuites avec des flics pour ne pas les nommer – plutôt que de chasser sur les terres largement parcourues d’un énième Pimp My Ride à la sauce jeu vidéo.

Cette fois, le postulat ridicule qui sert de point de départ au scénario du jeu est une histoire de flic infiltré qui bosse sous couverture au coeur du crime organisé de la ville tentaculaire de Tri-State, et qui doit parvenir à s’y faire une place en se laissant pousser une drôle de barbe et en conduisant des voitures avec habileté. Cela se traduit par une série de boulots à honorer, de courses à gagner le tout entrecoupé de face-à-face avec des types arborant des tronches patibulaires. Lorsque vous ne froncez pas des sourcils de façon invraisemblable, vous fréquenterez des filles braillardes qui prennent un malin plaisir à vous rabaisser avec une certain talent, il faut l’admettre.

Mis à part cette histoire stupide, Undercover affiche tous les bons ingrédients pour faire un jeu de course de bagnoles urbain, solide et amusant dans un monde ouvert. L’expérience est variée et propose tous les modes que l’on peut attendre d’un titre de ce genre, des courses sur circuit standard, des épreuves solo avec des checkpoints, des duels, des contres la montre et des face-à-face où le but est de rester devant un rival pendant un certain laps de temps.

Le meilleur de tout cela, c’est le retour du mode le plus plaisant de Need For Speed : Most Wanted, à savoir les poursuites. Cela marche comme avant, les Epreuves Traque incluant Police K.O., Coût pour l’Etat et Fuite. Police K.O. vous demande de détruire un certain nombre de voitures de police en temps limité en les entraînant dans chantiers, sous des ponts, en leur tendant des embuscades, etc. Coût pour l’Etat marche de la même façon, mais le but est ici de créer en plus un maximum de dégâts collatéraux pendant votre poursuite. Enfin, Fuite comme son nom l’indique consiste à semer un maximum de voitures de flics. Tout cela se joue de façon similaire c'est-à-dire avec un festival de destructions et de courses plutôt tendues.

Le problème de Need For Speed Undercover, c’est que c’est bien trop facile. Cela en devient même pathétique. Les jeux Need For Speed ont toujours été simples, mais Undercover est clairement destinés aux joueurs stupides qui veulent absolument gagner tout le temps. Cette parodie de jeu de course vient du fait que le jeu se bride automatiquement et que du coup il n’y a plus vraiment aucun mérité à passer la ligne d’arrivée en tête. L’IA d’Undercover est une sorte l’intelligence élastique conçue pour imposer à vos concurrents de lever le pied lorsque vous vous crashez et elle leur laisse rarement l’occasion de disputer leur propre course normalement. Et bien que l’on ne soit pas contre le fait que les jeux de courses d’arcade vous donne un petit coup de main par moment plutôt que de vous punir systématiquement pour chaque petite erreur (Burnout le fait depuis des années par exemple), Undercover part dans les extrêmes vous permettant ainsi de vous jeter littéralement dans les virages et vous retrouver lancé comme par magie dans la bonne direction pratiquement sans perte de vitesse. C’est tellement prévisible que la moindre parcelle de stress se dissipe au premier virage.

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Besoin de vitesse ?

Du coup, comme le modèle de conduite est tellement peu crédible, vous vous retrouvez à écraser la pédale d’accélérateur en permanence et tant que vous vous dirigez à peu près dans la bonne direction il est pratiquement impossible de perdre les 50 premières épreuves. Surmonter le peu d’envie de persister dans un jeu qui offre aussi peu de challenge en espérant que cela devienne plus dur par la suite est une épreuve plus qu’éprouvante.

Surtout qu’il est un fait établi qu’en général les autres jeux Need For Speed ont tendance à devenir meilleurs lorsque l’on passe une certaine étape dans leur progression. Cela se vérifie aussi ici, et lorsque les choses se corsent un peu, ça devient fatalement plus intéressant. En gros, toutes les épreuves en dessous du niveau 10 ne sont qu’une perte de temps – aussi longtemps que vous upgraderez votre voiture le plus possible vous gagnerez tout sans vous fouler – mais arrivé au niveau 10, les courses deviennent plus longues, l’IA commence à devenir plus compétitive et il faudra se concentrer pour l’emporter. Il faut juste dix heures pour s’échauffer avant d’entrer dans des courses intenses, des duels excitants et slalomer au milieu du trafic pour tenter d’arracher une première place sur la ligne d’arrivée.

C’est là que les épreuves un peu en marge du jeu principal du type Sprint, Défi checkpoint ou même Circuit commencent à réaliser tout leur potentiel et que les missions offrent un véritable challenge à mesure que vous devrez éviter des barrages routiers et échapper à des hélicoptères pour atteindre votre destination intact. Les poursuites également deviennent plus dures. Une fois que les SUV et les Feds se retrouvent impliqués et que des hélicos patrouillent dans le ciel, on a vraiment l’impression de découvrir un autre jeu. Ce qui marchait précédemment sur de simple voitures de patrouille de flics ne fonctionne plus, et planifier sa route en y incluant des cachettes devient une obligation pour s’en tirer – exactement comme dans Most Wanted en fait.

Malheureusement, rien ici ne parvient à masquer le manque d’optimisation du jeu avec une frame-rate qui a tendance à s’effondrer à mesure que le jeu lutte pour afficher tous ses détails. En dehors de cela, le style graphique aves ses teinte légèrement orangées, inspiré de Burnout Paradise, est de loin l’un des plus réussi depuis un bon bout de temps pour la série Need For Speed. Il reste certes quelques effets douteux comme la fumée cotonneuse ou encore les routes brillantes, mais Undercover est globalement agréable à regarder.

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Difficile de savoir d’où vient cette peinture. Tiens au fait il ne pleut jamais dans le jeu.

La bande-son est également plutôt décente, et il y a quelques trouvailles qui méritent d’être soulignées, comme l’interface minimaliste, les voyages accélérés entre les courses et la sélection des épreuves via le GPS. Recommencer des courses ratées est d’une simplicité enfantine (contrairement à Burnout Paradise), et même la customisation est plutôt bien gérée. Elle n’est pas omniprésente mais propose cependant de très nombreuses options si vous souhaitez vraiment vous y pencher. Améliorer les performances de sa voiture se fait en seulement quelques pressions de boutons, avec tout un tas de trucs préconçus pour ceux qui veulent uniquement se concentrer sur les courses. Le multijoueurs online est également assez plaisant. Il propose notamment un mode en équipe à quatre contre quatre intitulé Flics et Voleurs où les uns doivent récupérer de l’argent volé et les autres les en empêcher. Les rôles étant inversés au round suivant. C’est franchement sympa.

Malgré ses nombreux défauts et particulièrement son démarrage long et poussif, Need For Speed Undercover reste au final un jeu décent, mais sans plus. Quel dommage cependant de se dire qu’un simple réglage du niveau de difficulté aurait pu en faire un tout autre jeu.

5 / 10

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