Test - Nikopol : La Foire aux Immortels

Un peu court jeune homme.

Bon, je vais commencer par vous expliquer que les testeurs de jeux vidéo ne sont pas des super héros. Non, nous ne sommes pas champions du monde de Starcraft et c'est bien dommage, ça rapporte beaucoup plus. Pour chaque classement mondial sur le Live, nous sommes classés à peu près à la 80 000ème place. Ah non, nous n'avons pas été les premiers à atteindre le niveau 80 sur nos serveurs respectifs dans World of Warcraft. Et c'est bien dommage. Là, pourtant, je crois avoir battu un record. Celui d'avoir terminé le jeu à la vitesse de la lumière. Sans trop le faire exprès. De plus, la licence Nikopol fait partie de celle que je ne connaissais pas particulièrement. Désolé, je ne peux pas tout suivre. Je me suis tapé les Harry Potter dès le jour où j'ai su qu'EA avait signé avec JK Rowlings mais je ne suis pas un grand spécialiste de l’oeuvre d’Enki Bilal.

Mais il y a une bonne nouvelle à ça. En jouant à Nikopol le jeu, j'ai eu envie de connaitre la BD. Et je crois que c'est une des premières fois que ça m'arrive. Je ne suis pas sûr d'être fan de tout, les Dieux égyptiens à Paris, je pense que ça me gonflera assez rapidement mais j'ai vraiment envie d'en savoir plus. Mais vous êtes peut-être comme moi et vous ne connaissez pas la BD ? Dans ce cas, sachez que l'histoire se déroule en 2023, à Paris. La France est devenue un état fasciste dirigé par un type qui s'appelle Choublan. Oui, c'est un peu ridicule. Enfin, entre ça ou nommer un préfet noir parce qu'Obama a été élu, je ne sais pas si c'est la réalité ou la fiction qui est la plus ridicule. Vraiment, quand je sors la tête des me jeux pour regarder les infos, j'ai vraiment envie de me noyer dans un autre jeu, aussi minable soit-il. Là, ça tombe bien, c'est plutôt pas mal…

Vous incarnez Alcide Nikopol (bon Dieu, il les joue aux dés les noms de ses personnages Enki Bilal ou quoi ???), un djeuns sans doute un peu contestataire (je n'en sais rien, c'est l'impression que ça m'a donné en jouant mais c'est peut-être moins frappant dans les trois volets de La foire aux Immortels). Son père a été condamné pour délit de religion et il se retrouve en hibernation en orbite autour de la terre. C'est là qu'Horus intervient : il veut placer votre cher papa à la tête de Paris.

Nikopol Gonzales, le jeu le plus rapide

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les dessins de Nikopol ne sont pas signés Bilal qui au final a assez peu contribué à la conception du jeu.

Je suis d'accord, c'est super bizarre. Et j'ai passé le jeu entier à trouver ça bizarre. Je pense que c'est plus limpide pour ceux qui connaissent la trilogie de la Foire aux Immortels. Même si l'on ne navigue pas sur un terrain de connaissances, on progresse dans le jeu assez facilement tout de même. Trop facilement, je reviendrais là-dessus plus tard. Le héros doit échapper aux forces de l'ordre car il s'est inscrit sans trop savoir pourquoi dans une religion, ce qui est quand même le must de la contestation.

Tout commence donc dans l'appartement du héros : il doit échapper à un flic/insecte géant venu l'arrêter. L'idée consiste à enfermer le représentant des forces de l'ordre dans la chambre du héros. Tous les mécanismes habituels du jeu d'aventure se retrouvent même si le moteur est comparable à ce que Cryo appelait à l'époque l'Omni 3D. Je ne suis pas un grand fan. L'action se déroule à travers les yeux du personnage sans que cela ne s'apparente à du FPS. Le personnage est dans une sorte de "bulle". Il peut orienter la tête à 360°. En s'orientant vers le fond d'un couloir, il pourra cliquer pour aller vers cet endroit. Les jeux 2D sont bien plus efficaces. Si je n'aime pas beaucoup ce genre de moteur, c'est pour une raison bien simple : c'est un mauvais souvenir de l'époque de Cryo qui avait tendance à planquer des objets de deux pixels dans les décors. Ce genre de 3D permettait de cacher plus facilement les choses. Mais là en fait, les développeurs n'ont pas fait preuve de perversité. On trouve tout super facilement, même si c'est placé en haut ou en bas. J'ai peut-être galéré cinq minutes pour mettre la main sur l'encens dans la première partie mais je m'en suis sorti sans mal de tête.

Et c'est bien là le problème. Comme je vous le disais, je ne suis pas un héros et dès que je peux mettre la main sur une solution avant d'attaquer le moindre test, je ne me gène pas. Là, je n'en ai même pas eu besoin pour éclater Nikopol (au sens figuré bien entendu). Il y a une grosse énigme au chapitre 2. Si vous aimez les exercices de logique, vous vous régalerez. Peu de temps. Je ne vais pas ménager le suspense : je l'ai terminé en trois heures trente. Je crois que j'ai passé plus de temps sur la compétence pêche dans World of Warcraft que sur Nikopol. J'en suis même certain. Je ne pensais pas terminer un jeu plus rapidement que Call of Duty 4. A ce rythme, l'an prochain, les installations seront plus longues que les jeux en eux-mêmes.

Nikopol est cependant loin d'être détestable. On ne s'ennuie pas, les énigmes sont intéressantes et surtout, c'est vraiment super beau. L'univers de Bilal se décline ici très bien. Les séquences cinématiques font appel au split screen qui n'est pas sans rappeler le découpage d'une planche de BD. Malheureusement, on a à peine le temps de commencer à apprécier Nikopol que ça se termine. Mais le plus intéressant, c'est tout de même l'envie que ça donne : celle de découvrir la BD. Je crois qu'aucun jeu ne m'a donné envie d'aller au cinéma !

6 / 10

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