Operation Flashpoint : Dragon Rising

Est-il meilleur sur PC ?

Le Faucon Noir d'Eurogamer qui a transporté le Sergent Parkin à Skira n'est pas retourné directement à la maison. Il a traversé la frontière difficilement pénétrable entre consoles et PC et lâché un autre soldat virtuel avide de gloire avant de retourner à la base. Le soldat en question, c'était moi, et voilà ce que j'ai appris du temps passé dans ce pays.

Quel est le premier sentiment qu'a suscité chez moi Dragon Rising ? La déception. En entamant cette campagne de 11 missions juste après avoir joué à ArmA II, l'éclairage en relief, les tonalités sépia délavées et les textures de terrain basse résolution du paysage de Skiran m'ont conduit à vérifier si je n'avais pas par erreur réglé les paramètres graphiques au plus bas. Mes sorties ultérieures sous un plein soleil ou une lune lumineuse ont montré l'immense terrain de combat sans couture sous un bien meilleur jour, mais il est malgré tout difficile de se débarrasser de l’impression que Codemasters a perdu le concours de beauté face à Bohemia Interactive.

Si l'on veut être pointilleux et compter les points, on peut dire que les développeurs britanniques égalisent avec l'élégant menu radial de leur interface utilisateur graphique. C'est un système de contrôle qui vous permet de donner des ordres à vos coéquipiers et de tout modifier, de leur comportement à leurs règles d'engagement jusqu'à leur façon de se coiffer. Ce n'est pas d'une totale perfection, mais l'articulation logique des menus de Dragon Rising, auxquels on accède grâce aux très pratiques touches ZQSD, s’en approche de très près.

Choisir un vainqueur à l'issue du match commence à devenir compliqué quand on s'aventure dans des domaines essentiels comme le combat d'infanterie. Ce nouveau jeu peut parfois ne pas vous permettre de vous pencher – un oubli ridicule – et, quand un tireur est proche d'un abri, il lui arrive occasionnellement de bloquer son tir sans raison apparente, mais la crédibilité de ses échauffourées à l'ambiance tendue qui font grimper l'adrénaline est indéniable. Les éclaboussures de boue et de sang sur l'objectif de la caméra sont extrêmement bien utilisées de même que les ZZZIPS, PHWIPS, KRAKS et F*CK! qui pimentent la bande-son en direct. Malgré tout, et c’est bien plus important, la modélisation de la balistique semble d'une qualité douteuse.

Est-ce que les balles traversent les barrières et les murs des baraques ? Malheureusement, je ne pense pas. Est-ce que les projectiles lancés sur une grande distance subissent la loi de la gravitation ? Absolument. Tirer sur un ennemi éloigné en visant plusieurs mètres au-dessus de sa tête, ce qui est la marque de fabrique d'Operation Flashpoint, est tout à fait faisable dans cette suite. L'autre marque de fabrique – s'écrouler comme un sac de patates après avoir pris une seule balle dans un organe vital – fait aussi sa réapparition.

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Les esthètes du PC comme nous attendent mieux que cela.

Des morts aussi soudaines auraient de quoi vous rendre fou. Le fait que ce ne soit pas le cas en dit long sur le niveau de mortalité extrêmement bien jugé d'Operation Flashpoint : Dragon Rising. Il faut manquer singulièrement de chance ou être remarquablement stupide pour se faire tuer régulièrement d'un seul coup, mais le fait que la menace existe donne un piment spécial à chaque percée risquée et à chaque nettoyage de bâtiment un peu tendu. La plupart des blessures vous achèveront uniquement si vous ne parvenez pas à les soigner avant que le chronomètre de perte de sang n'arrive à expiration. Si vous êtes dans l'incapacité de bouger, des soins doivent vous être administrés par un humain ou un coéquipier géré par l'intelligence artificielle. Certains des moments les plus tendus du jeu sont ceux où vous gisez dans une mare de sang en attendant qu'un médecin réponde à vos gémissements plaintifs.

Les PLA contribuent eux aussi à rendre crédibles les combats d'armes à feu. Comme c'est le cas avec tous les meilleurs adversaires artificiels, vous ne savez jamais vraiment comment ils vont réagir aux dangers. Certains se laissent tomber au sol et commencent à ramper quand les furieuses abeilles en plomb leur arrivent dessus, d'autres se précipitent pour se mettre à couvert, balancent des grenades fumigènes, foncent derrière les arbres, ou commencent des manoeuvres de contournement agressives. Le seul comportement qui ne semble pas être à leur répertoire est la reddition, sans oublier aussi la persistance post-mortem.

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