Resident Evil 5

Saga Africa.

Attendu comme le messie (un terme vraiment de circonstance ?), Resident Evil 5 tient de l’événement car il s’agit du premier volet de la fameuse série à débarquer sur les consoles de l’actuelle génération. Un cinquième volet qui tend à la fois à marquer la rupture en choisissant un nouveau lieu d’action, l’Afrique, tout en restant fidèle aux préceptes de la série. Un challenge d’autant plus corsé à relever que ce volet fait suite à ce qui reste comme l’un des plus grands jeux d’action de ces dernières années. Avec Resident Evil 5, la série horrifique la plus populaire au monde réussit-elle pleinement son arrivée dans la nouvelle génération ?

Depuis la diffusion par Capcom des premiers trailers du jeu, une polémique a enflé au sujet du propos soi-disant raciste d’un jeu mettant en scène un héros occidental trucidant des dizaines d’Africains se jetant sur lui la machette à la main. Une fois la manette en main, cette polémique n’a, à mon sens, plus lieu d’être car à aucun moment, le jeu n’invite à s’attaquer à des humains : tous les personnages que l’on abat dès les premières minutes du jeu sont contaminés par le virus diffusé dans la région. Un virus dont les symptômes évoquent d’ailleurs ceux des habitants du petit village espagnol de Resident Evil 4. Tout cela est bien subtil, il faut le reconnaître, et l’on comprendra que des scènes saisies hors contexte par une personne ne connaissant pas le scénario de Resident Evil 5 puissent choquer.

Personnellement, j’étais surtout très septique au préalable au fait que Capcom transpose l’univers de la série dans le décor africain. En quoi ce dernier pouvait-il cadrer avec l’ambiance gothique ou urbaine des précédents titres de la série ? Il faut pourtant reconnaître que le scénario développé ici, riche en révélations, complète avec brio la mythologie Resident Evil et lève le voile sur plusieurs mystères qui étaient restés latents. Bref, on oublie cette polémique racoleuse, on prévient sa copine de ne pas entrer dans le salon sans prévenir histoire de ne pas lui faire tourner de l’oeil et on se plonge dans l’un des jeux les plus captivants du moment !

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Le jeu comprend des séquences de tir où on se défoule sur des vagues massives d’ennemis. Des défouloirs bien cathartiques !

Les premiers contacts avec Resident Evil 5 sont pour le moins brûlants. Oubliée l’ambiance gothique du quatrième opus sur la précédente génération de machines, Capcom a choisi de plonger les joueurs dans la chaleur africaine. Chris Redfield, héros du tout premier jeu sur PlayStation, fait ici son retour et est envoyé dans un petit village où des comportements suspects ont été signalés. L’ancien membre du groupe d’intervention STARS travaille désormais pour le BSAA, une organisation luttant contre le bioterrorisme. Il retrouve sur place Sheva Alomar, un contact qui va l’accompagner dans la longue et sanglante aventure qui l’attend.

Même si je regrette personnellement la perte de l’ambiance gothique du précédent opus, dont certains passages évoquaient la grande époque des films de la Hammer, Capcom parvient à créer une atmosphère très particulière dans Resident Evil 5. Les effets de lumière dans la première partie du jeu donnent véritablement une sensation de chaleur et de moiteur qui rend ce petit voyage en Afrique particulièrement probant.

En solo, Sheva est contrôlée par la console mais devient jouable à deux. On trouve ici l’une des plus importantes nouveautés de Resident Evil 5 puisque pour la première fois, un titre de la série permet de jouer à deux en coopération. Resident Evil Zero sur GameCube mettait déjà en vedette un duo de personnages que l’on pouvait diriger alternativement. On passe à une toute autre dimension ici : en réseau ou en écran divisé, deux joueurs peuvent respectivement incarner Chris et Sheva et traverser l’aventure en binôme. Autant le dire d’emblée, ce mode de jeu est une initiative intéressante qui confère des sensations inédites jusqu’ici dans l’univers Resident Evil. Le jeu est conçu entièrement autour de ce concept de coopération et les deux joueurs doivent apprendre à collaborer et à partager leurs munitions pour espérer s’en tirer. Sans oublier une bonne synchronisation pour les passages les plus délicats comme les affrontements contre les boss. On regrettera juste le défaut de visibilité du mode en écran divisé qui rend l’action difficilement déchiffrable avec un affichage trop réduit pour chaque joueur. Mieux vaut donc se concentrer sur le jeu online.

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Chris et Sheva se soutiennent dans l’action et chacun pourra donner un petit coup de pouce à l’autre lorsqu’il est au plus mal. Une petite injection et ça repart.

Resident Evil 4 avait marqué ses esprits par son rythme hallucinant et la pêche de sa mise en scène. Resident Evil 5 se place en descendant direct de cet illustre prédécesseur en en reprenant exactement la mise en scène (vue derrière l’épaule du héros) et la plupart des codes. C’est bien simple, le connaisseur a souvent la sensation de jouer à une sérieuse mise à jour du hit de 2005. Moteur physique, comportements et mouvements des ennemis : Resident Evil 5 partage de nombreux points communs avec son prédécesseur, même si l’on profite bien sûr de la puissance sans commune mesure des nouvelles consoles. Le jeu affiche des graphismes superbes et se permet des tours de forces techniques impressionnants, notamment lors des affrontements dantesques contre les ennemis de fin de niveau.

Sheva, le personnage jouable par un deuxième joueur en multi est dirigé par la console lorsque l’on se lance dans l’aventure en solo. Dans la majorité des cas, l’intelligence artificielle fait des merveilles et Sheva a un comportement probant, elle constitue la plupart du temps un partenaire efficace pour le joueur esseulé. Les seuls bémols concernent les affrontements contre les boss, qui exigent souvent une technique parfaitement maîtrisée et où j’ai remarqué que Sheva contrôlée par la machine commettait ses plus importantes gaffes (tirer inutilement dans une bonbonne de gaz que l’on destinait à l’ennemi, se faire trucider par une attaque spéciale pourtant prévisible…). Sachant que la mort de Sheva entraîne le fatidique «game over», autant dire que cela peut toujours être frustrant de perdre à cause d’erreurs de l’intelligence artificielle.

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