Resident Evil : Code Veronica HD

Vade retro, gaming !


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Code Veronica, c'est le Resident Evil perdu, un jeu qui s'est trouvé pris dans la tourmente du changement.

Sorti pour la Dreamcast en 2000 (et plus tard pour la PS2 et la GameCube, sur laquelle est basée cette conversion HD pour Xbox Live et le PlayStation Network), ce fut le premier jeu de la série à abandonner les arrière-plans prérendus qui caractérisaient Racoon City, pour leur préférer des polygones faiblement éclairés. C'était cela dit la seule évolution d'un jeu qui s'en tenait toujours aux angles de caméra à moitié fixes, à un système de contrôle pénible, aux dialogues convenus et aux temps de chargement extrêmement longs. Ces défauts caractérisaient tout autant de la période de la génèse de Resident Evil que les zombies aux grognements sourds et les dobermans enragés. Même à l'époque de sa sortie, c'était déjà un jeu coincé quelque part entre les jeux vidéo du passé et ceux du futur.

C'est une nouvelle sortie, non un remake. Alors que le quatrième jeu de la série de Shinji Mikami fait partie de ces jeux haut de gamme que l'on peut qualifier de cultes, Code Veronica est beaucoup moins connu et ne peut rien revendiquer de cet héritage.

C'est une nouvelle sortie du jeu PS2/GameCube, avec plus de séquences vidéo que le jeu original sur Dreamcast.

Cependant, la différence de réputation n'est pas la seule distinction entre les nouvelles sorties de Code Veronica et Resident Evil 4. Ce dernier est délibérément un jeu d'action/horreur qui permet aux joueurs d'affronter la terreur grâce à leur puissance redoutable. Par contre, Code Veronica est un survival/horreur au sens classique du terme, un jeu qui bâtit une atmosphère de terreur en vous laissant totalement démunis. Il parvient à nous communiquer ce sentiment cauchemardesque de n'être que des proies sacrificielles armées seulement d'un couteau et d'un briquet pour tenter de se soustraire à un destin funeste.

Les premiers survival/horreur avaient dû tout autant leur succès aux limitations techniques qu'à une conception aboutie. Les angles de caméra médiocres, les contrôles surprenants et une interface compliquée contribuaient parfaitement à communiquer cette impression de dénuement qui donnait aux joueurs le sentiment d'être faibles et déboussolés. Les meilleurs jeux de cette époque sont ceux qui savaient tirer parti des limites de leur console d'accueil, comme Silent Hill avec son brouillard qui obscurcissait la profondeur de champ.

Cela dit, replacé dans le contexte de ce début de siècle, Code Veronica était un jeu qui électrisait le genre, qui, contrairement à ses prédécesseurs, n'était désormais plus restreint par la technologie et pouvait enfin provoquer la peur grâce à sa conception intrinsèque. Malgré tout, lorsque l'on revient à ce jeu aujourd'hui, on voit clairement que Capcom n'avait pas encore compris comment exploiter les nouveaux espaces qu'offrait l'arrivée de la Dreamcast.

Le système de contrôle donne l'impression d'avoir perdu toutes ses capacités motrices, même aux joueurs les plus à l'aise pour se déplacer dans l'espace. Vous faites tourner votre personnage sur place, les quatre directions de déplacement (en haut, en bas, à droite, à gauche) dépendant du point de vue de la caméra fixe sur votre position, ce qui fait que vous irez souvent vous jeter dans les bras d'un zombie pour une étreinte mortelle alors que votre seule intention était de fuir. Par ailleurs, vous ne pouvez pas à la fois marcher et tirer, vous êtes au contraire obligés de vous figer sur place pour ajuster une attaque.

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