Test - Rhythm Paradise
La revanche du tap-tap.
Il est facile de l'oublier en ces temps de guitares Les Paul en plastique, de batteries avec des toms colorés, de tapis de danse étincelants et de micros sans fil, mais le tout premier jeu musical n'avait pas grand-chose à voir avec le fait de se prendre pour une star du rock. Au lieu de cela, vous tapiez sur des boutons en rythme avec un hip hop pour enfants, pour faire battre le petit coeur d'un gros chien affublé d'un bonnet. Si vous y réussissiez assez bien, vous aviez droit à la fille qui, en l'occurrence, se trouvait être un tournesol. C'était imaginatif, décalé, mignon, étrange et beau : tout ce que devraient aspirer à être les jeux vidéo. Pourtant, l'approche fabuleusement créative de la musique interactive de PaRappa the Rapper n'a pratiquement aucun héritier dans les jeux vidéo contemporains.
Rhythm Paradise est un jeu qui reprend l'esprit de PaRappa, à défaut de son format et de son style musical. Dans celui-ci, vous devrez agiter la queue en forme de maracas d'un lézard femelle en rythme avec une rumba pour attirer un compagnon. Vous incarnerez une cigogne en uniforme de l'armée russe, agitant triomphalement son bec en l'air aux commandes de son capitaine emplumé. Vous devrez interpréter a cappella, façon crooner, une séquence de notes en tant que membre d'un trio de jeunes chanteurs, imiter l'interprétation d'une star pop japonaise dans la peau d'un fan énamouré qui se trouve être un âne, et taper lourdement sur le sol en incarnant un fermier voûté en train de ramasser des navets.
Par contre, vous n'aurez pas à faire semblant d'être Kurt Cobain, Slash ou Lars Ulrich. Vous pourrez éventuellement le faire, mais seulement dans le cas de figure improbable où ceux-ci auraient trouvé un boulot dans une usine pour assembler des robots de BD au rythme du son métallique d'une machine-outil ou un poste de pilote de chasse descendant des vaisseaux spatiaux avec des lasers en rythme avec une musique synthétique.
Il vous faudra jouer un bref didacticiel pour comprendre ce qu'on attend de vous dans chaque jeu : ce ne sont pas tout à fait les micros jeux de trois secondes emblématiques de WarioWare.
Ce serait un peu trop facile de décrire Rhythm Paradise comme un WarioWare musical, mais d'un autre côté se serait parfaitement vrai. Les 40 mini jeux (50, si l'on inclut les Remix) sont plus longs que ceux que le développeur avait créés pour WarioWare, mais chacun d'eux emprunte une approche similaire, trouvant matière à des défis de gameplay dans des situations de tous les jours hautement improbables.
Votre interaction physique est la même dans tous les mini jeux : soit vous tapez avec le stylet ou vous le maintenez appuyé sur l'écran, soit vous le faites glisser de côté ou vers le haut. Cette palette d'interactions limitée se décline sous la forme de centaines d'applications inventives différentes, les actions étant toujours reproduites sur les visuels à l'écran.
Dans le mini jeu avec le fermier, par exemple, vous tapez le stylet en rythme avec les temps forts pour frapper le sol du pied et faire instantanément sortir des légumes du sol. Sur les temps faibles qui suivent immédiatement les temps forts, vous devez faire un balayage vers le haut avec le stylet de façon à cueillir les navets et les envoyer dans le panier sur son dos. Le placement des navets sur le sol représente une sorte de séquence abstraite de notes sur une portée musicale, le défi étant de bien alterner les mouvements effectués sur les temps forts et les temps faibles pour réussir le niveau.
Bien entendu, dans WarioWare les indications visuelles étaient les plus importantes pour le joueur ; très souvent, vous deviez régler vos entrées de commandes en fonction de ce qui se passait à l'écran. Dans Rhythm Paradise, par contre, les indications visuelles sont moins importantes que les indications sonores. Le succès et l'échec dépendent énormément du timing, mais c'est un timing demandant plus de suivre des battements, des mesures et des phrases musicales, que de réagir à des prompts à l'écran. Pour cette raison, les visuels, aussi ravissants soient ils, peuvent être un obstacle au succès.
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Commentaires (2) Latest comment il y a 3 années
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Ce commentaire est situé après la limite que vous avez fixé Voir
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J'étais parti sur un opinion très négatif.
En y revenant un peu plus sérieusement, j'ai " compris " le truc et j'ai pu enchainer les épreuves.
Alors oui, le jeu se résume à toucher, lâcher, faire glisser, mais comme les situations sont variés, on n'a pas l'impression de toucher à longueur de temps. On est plus dans le délire permanent du jeu à ce prendre pour ce que les épreuves nous donnent.
Certes, certaines sont pas passionnantes, voir inintéressantes (la première par exemple avec les tige et les boulons carrés) mais d'autres ont un fort pouvoir addictif. C'est aussi indescriptible que le sentiment de puissance qui résulte d'une partie de Guitar Hero une fois la guitare dans les mains.
Ce que je trouve génial à ce Rhythm Paradise, c'est qu'il ne fait pas de concessions: les nouveaux joueurs, casuals, les manchots et même les mômes peuvent y jouer car après 3 échecs, on peut accèder au niveau suivant. donc la progression n'est jamais stoppé.
Et de l'autre coté: les plus persévérants obtiendront des récompensent pour leurs efforts (médailles, points qui débloquent des mini-jeux et gadgets).
LE seul reproche que je ferai au jeu, c'est le manque de clarté dans les didacticiels de certains mini jeu. Je n'ai toujours pas compris le jeu du Lézard guiro par exemple...
Donc sans être trop tranché, je pense qu'on devrait s'y essayer avant de se faire un avis définitif. Absolument repoussant de l'extérieur, on ne peut pas comprendre tant qu'on n'y a pas jouer. C'est comme elite beat agent ou n'importe qu'elle bizarerie musicale: c'est très vite addictif et on ne comprend pas pourquoi on s'acharne sur un jeu si naif.