Samwise Didier

Le directeur artistique de Blizzard nous parle de Warcraft et Starcraft.

Le dessin est quelque chose d’important pour Blizzard. Les murs des bureaux du développeur de World of Warcraft, qui travaille actuellement à StarCraft II, la suite du célébrissime RTS StarCraft, en sont littéralement tapissés. Partout sont accrochés de superbes dessins futuristes pleins de couleurs et extravagants. Comme un musée, les bureaux ont même un conservateur dont une partie du travail consiste à exposer dans tous les locaux du campus des posters géants allant du sol au plafond. L’un d’eux est à la cantine – une peinture joyeuse de nains en train de boire exécutée par Samwise Didier.

Didier est directeur artistique chez Blizzard, et un vétéran présent depuis les premiers jours de la société. Son style audacieux et humoristique a donné le ton à bien des choses issues du studio, en particulier l’aspect et l’atmosphère du monde virtuel le plus populaire de la planète. Il dessine aussi les jaquettes des BD de World of Warcraft, les pochettes des albums d’un groupe de heavy métal Suédois, Hammerfall, et il chante (ou plutôt, meugle) sur le disque terrifiant réalisé avec les gens de Blizzard, Level 70 Elite Tauren Chieftain. (Parmi les morceaux de bravoure de L70ETC, citons «Rogues Do It From Behind» et le puissant hymne heavy métal «I am Murloc»). Vous pouvez voir des exemples de son travail dans une galerie de dessins du site de Blizzard, Sons of the Storm.

Lors de notre récente visite au quartier général de Blizzard pour jouer à StarCraft II, nous avons discuté avec Didier du pourquoi les jeux Blizzard ont un cachet unique qui les différencient de tous les autres.

1

Eurogamer: Quand es-tu arrivé chez Blizzard ?

Samwise Didier: J’ai débuté chez Blizzard en 1991, quand nous nous appelions encore Silicon & Synapse.

Eurogamer: Tu es donc un vieux de la vieille….

Samwise Didier: Oh oui !

Eurogamer: Quel est le premier jeu sur lequel tu as travaillé ?

Samwise Didier: Sur une version de Lost Vikings. Dans la version finale du jeu il y avait trois Vikings, dans celle sur laquelle j’ai travaillé, il y en avait environ une vingtaine. Des personnages se sont perdus en chemin, un peu comme dans Lemmings. J’ai travaillé ensuite sur Rock N' Roll Racing et Blackthorne, ensuite sur une flopée de jeux PC, puis Warcraft est sorti…

Eurogamer: Quelles sont tes influences personnelles ? Qu’est-ce qui t’as poussé à dessiner quand tu étais gamin ?

Samwise Didier: Ce sont les BD de Conan qui m’ont vraiment fait commencer. Les BD de Conan avec les dessins de Frank Frazetta et John Buscema. En grande partie des comics de Marvel, même si j’aimais aussi DC, car les comics de Marvel en particulier avaient un look qui m’a vraiment donné envie de me lancer dans le genre. Les films de Hobbits, les vieux dessins animés des années 70, ont aussi été une source d’inspiration. Je pense que beaucoup de mes nains ressemblent à ceux de ces dessins animés, tout simplement parce que c’est avec eux que j’ai appris à dessiner de l’heroic fantasy.

2

Eurogamer: Les mondes de Warcraft et StarCraft font appel à de nombreux archétypes… les Orques et les Elfes, les marines de l’espace et les mutants. Comment fais-tu en sorte que dans vos jeux ils paraissent originaux et non pas génériques ?

Samwise Didier: Eh bien, prenez par exemple nos Orques dans Warcraft. Les Orques sont l’archétype des méchants, mais dans nos jeux ce ne sont pas vraiment des méchants. Ils l’ont été à un moment donné, mais nous avons tout fait pour remettre au premier plan les anciennes traditions de leurs racines shamaniques. Ce ne sont plus ces fous de guerre aux instincts démoniaques, mais des personnages qui s’intègrent à la nature et ne font qu’un avec les éléments.

C’est la même chose avec nos marines Terran. Tout le monde a déjà vu des marines de l’espace ? Eh bien, nous avons fait en sorte que les nôtres aient en quelque sorte ce que j’ai toujours appelé une mentalité de motard/cowboy ; Ils sont un peu rustres, un peu «Far West» dans leurs idées et leur manière de s’exprimer, et certains d’entre eux ont un accent du sud, un peu péquenot. Nous avons cherché à les différencier de cette manière. Je ne pense pas que beaucoup de gens fassent cela – en général ce sont de super cadors droits dans leurs bottes. Les nôtres ont leur part d’ombre. A la base c’était tous des prisonniers.

Commentaires (0)

Fermés

  • Commentaires trouvés