Shin Megami Tensei : Persona 3

La PS2 a encore de quoi surprendre...

Une part de nous se résigne de mauvais gré à allumer une PS2. Une définition standard sans aucun système de contrôle innovant comme prix de consolation. Pas de fonctions en ligne, pas de Succès à débloquer, pas de démo téléchargeable ou d’extension. Nous nous sommes si rapidement habitués aux fastes des consoles nextgen que nous avons l’impression que nos fidèles consoles d’hier sont à deux doigts d’être bonnes pour la casse.

Malgré tout, comme vous le diraient tous ceux qui gardent un oeil discret sur les chiffres de l’industrie du jeu vidéo, la grande majorité des gens sont toujours parfaitement heureux de jouer sur leur PS2, insensibles pour l’instant aux sirènes du jeu en ligne, du high-tech et du contrôle par capteur de mouvement. Du haut de notre tour d’ivoire à la gloire de la technique, entourée des lumières scintillantes et des feux d’artifices du nextgen, il nous arrive même à certains moments de les comprendre. Persona 3 est un de ces moments.

L’ego

En l’occurrence, c’est un peu plus long qu’un moment. Il y a facilement 50 heures de gameplay là-dedans si l’on choisit d’explorer le jeu et d’admirer les décors, probablement plus près de 100 si l’on s’implique vraiment. A l’image de précédents jeux de rôles haut de gamme comme Disgaea et le controversé Final Fantasy XII, c’est un plat de roi dont on peu se repaître à l’envi ou simplement goûter via un menu absolument succulent. Comme avec ces deux jeux, ceux qui seront accrochés auront de quoi se rassasier pour longtemps.

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Alors, c’est une mignonne simulation de collège Japonais, où l’on se fait des copains de classe…

Alors c’est quoi Persona 3 ? Pour commencer, c’est un gros paquet de contradictions. Ce jeu dérivé de la série sombre, apocalyptique et à rallonge Shin Megami Tensei est en fait le quatrième jeu Persona – Persona 2, sur Playstation était divisé en deux volets, chacun d’eux étant un jeu à part entière. Persona, qui n’est connecté que thématiquement à la série, est une simulation généralement lumineuse, drôle et légère d’une romance de collège – parsemée de scènes de violence, de possession démoniaque et d’adolescents se tirant dans la tête. Une autre contradiction : c’est un RPG avec des donjons générés aléatoirement, mais il est malgré tout vraiment très très bon.

Vous incarnez un étudiant récemment arrivé dans un prestigieux collège Japonais et vous partagez un dortoir avec d’autres personnages. Il transpire que ces gens sortent la nuit après les cours pour combattre une légion de créatures maléfiques et démoniaques appelées les Shadows, qui apparaissent surtout dans une tour énorme et hideuse qui s’érige en lieu et place de l’école à minuit. Comme on pouvait s’y attendre, vous partagez leurs pouvoirs et ils vous demandant de les rejoindre dans leur combat.

Il y a au moins deux cent séries différentes de dessins animés et au moins une demie douzaine de jeux sur le sujet – mais Persona 3 s’applique à présenter ce matériau déjà largement utilisé avec un talent et une créativité extraordinaires, réinventant les conventions de ce genre d’histoire quand il le juge utile. Le résultat est que l’on a deux jeux en un. Le jour, vous incarnez un adolescent découvrant une nouvelle ville et une nouvelle école. Dans un style qui n’est pas sans rappeler les classiques simulations japonaises de rendez-vous galant, comme Tokimeki Memorial (n’en dites pas de mal – c’est là où Hideo Kojima s’est fait les dents), vous avancez dans l’année scolaire en vous faisant des amis, en choisissant ceux avec qui passer votre temps et ce que vous allez leur dire. Cette section vous encourage gentiment à explorer la ville plus avant, pour trouver certains objets, ou simplement passer du temps dans des lieux qui font grimper vos trois «statistiques sociales de base» : Scolarité, Charme et Courage. Améliorer celles-ci donne la possibilité de rencontrer de nouvelles personnes ou d’approfondir des relations existantes.

C’est tout mignon, lumineux, attachant et rempli de personnages colorés (au sens propre). Ce n’est pas tout à fait aussi libre et ambitieux que quelque chose comme Shenmue, dans la mesure où les actions se résument à un ensemble restreint d’options (comme choisir avec qui sortir après les cours ou l’endroit où passer la soirée), mais c’est présenté avec charme et intelligence.

Le principe

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... où l’on grimpe dans l’échelle sociale des étudiants et où l’on discute avec des seniors étonnamment doués...

L’autre jeu dans Persona 3 est le RPG plus traditionnel, dans lequel vous affrontez les forces de l’ombre avec un groupe composé de vos amis d’école qui ont le pouvoir de le faire. Tous les soirs, quand vous retournez au dortoir, vous avez le choix d’aller à Tartarus – la tour précédemment citée, qui apparaît à la place de l’école – et de batailler contre les ennemis sur quelques étages supplémentaires. Par ailleurs, certains événements se déclenchent à des dates précises (souvent pendant la pleine lune), qui ne sont pas optionnelles, ce qui signifie qu’il est important de faire en sorte que vos personnages soient plutôt forts et bien équipés à ce moment-là.

Pendant une grande partie du jeu, l’objectif principal est simplement d’explorer Tartarus, une chose que vous pouvez en grande partie faire à votre rythme. Chaque étage de la tour est généré aléatoirement et change donc à chaque nuit, à l’exception des étages avec des boss qui sont disséminés à divers niveaux de l’ascension. Dans chaque étage avec un boss il y a un téléporteur qui vous donne instantanément accès à cet étage à l’avenir. Si vous ne pouvez pas tout à fait atteindre le boss en une seule nuit, vous montez quand même de niveau et gagnez de nouvelles compétences et équipement, de telle sorte que vous serez mieux préparé pour affronter le défi la prochaine fois.

Le jeu n’impose pas de batailles aléatoires, mais vous offre au contraire la possibilité d’éviter ou d’attaquer préventivement les ennemis tandis que vous explorez. Au cours d’une bataille, le système est vaguement du tour par tour, mais vous ne pouvez contrôler directement que votre personnage principal. En plus des armes classiques, chacun peut aussi agir en utilisant un Persona – une expression de son subconscient, qui peut lancer des attaques physiques plus puissantes et des sorts de magie des éléments, de soin, de protection ou de modification d’état. Vous pouvez donner des ordres généraux à chacun de vos personnages secondaires (vous pouvez en avoir jusqu’à trois), mais ils peuvent agir plutôt intelligemment par eux-mêmes, ce qui vous permet de concentrer votre stratégie sur votre personnage principal.

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