Solatorobo : Red the Hunter

Un jeu royal (canin)


Un jeu royal (canin)

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Le personnage de Red the Hunter est un chien avec un corps d'homme affublé d'un chapeau, une sorte de croisement entre le fantastique Mr Fox et Biggles, qui pilote un robot et mâche un os comme s'il s'agissait d'un énorme cigare. Il a besoin d'utiliser la moindre parcelle de son charme de hâbleur patenté : il est après tout dans un jeu qui s'appelle Solatorobo. Vous voulez que je répète? C'est la suite spirituelle de Tail Concerto, un titre PlayStation qui s'était vendu si médiocrement qu'il a fallu 13 ans pour faire ce jeu et l'on se demande si les développeurs de CyberConnect2 sont des idéalistes, des fous furieux ou tout simplement s'ils aiment que leurs jeux ne se vendent pas.

C'est d'une insondable tristesse, car Solatorobo mérite beaucoup mieux que l'obscurité. C'est un RPG d'aventure original manifestement concocté avec amour et admirablement réalisé. Il s'articule autour d'un système alerte de combat en temps réel et d'une structure de quêtes rapides qui transportent Red autour du monde, propulsant soudainement de nouvelles idées au premier plan avant de les abandonner tout aussi rapidement. Il a par ailleurs ce côté « pie voleuse» qu'ont tous les grands jeux : cette faculté de repérer tout ce qui brille et qui a fonctionné ailleurs, pour se l'approprier et l'intégrer sans autre forme de procès.

L'histoire principale se déroule au fil d'une série de chapitres que l'on peut faire à son propre rythme, et il s'articule autour de ceux-ci de nombreuses quêtes indépendantes permettant d'augmenter le niveau de chasseurs de Red et de remplir les coffres. Solatorobo n'est jamais vraiment routinier, en grande partie à cause de son combat frénétique et de sa préférence pour les missions de taille réduite et une courbe de progression de niveaux si tranquille qu'elle est presque horizontale.

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L'amélioration se fait par le biais d'une simple énigme avec des cubes, terriblement embêtante quand on construit par erreur la mauvaise forme.

Le jeu n'a pas vraiment de hub à proprement dit – on passe instantanément d'une ville à l'autre en utilisant l'Asmodeus, le fringant vaisseau de Red, dont les cales ont une capacité sans fin pour stocker les objets inutiles et les trésors accumulés au cours de vos voyages. Toutes les villes sont agencées différemment et bénéficient d'angles de vue spécifiques ainsi que des plus beaux dessins d'arrière-plan que vous verrez sur une DS ; chaque endroit donne l'impression d'être unique et différent des autres.

Dans les villes ou au cours des quêtes, Red pilote généralement Dahak, un robot qui fait environ trois fois sa taille et qu'il utilise pour affronter les ennemis et interagir avec l'environnement. C'est une création envoûtante qui donne une impression de naturel, principalement grâce à son animation fluide, le bourdonnement de ses vibrations et ses bruits de ferraille ; quand Red doit quitter ce robot pour résoudre des énigmes, il donne l'impression d'être une petite chose fragile en comparaison.

La principale capacité du Dahak est de soulever et de projeter des objets, les énigmes et les combats s'articulant majoritairement autour de celle-ci. En appuyant sur A quand on est proche d'un ennemi, on commence à le soulever et, en fonction d'un certain nombre de facteurs comme le poids et la position, un nombre d'appuis spécifiques sera demandé. Un soulèvement réussi fait retourner l'ennemi que l'on peut alors jeter sur d'autres ennemis ou simplement balancer avec force sur le sol jusqu'à l'enfoncer. Par ailleurs, une fois les ennemis retournés, on peut commencer à utiliser les sauts pour un Combo a mi-hauteur et bénéficier de jusqu'à trois lancers.

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Si nous étions dans les années 50, il mâcherait une cigarette au lieu d'un os.

Tout est dans le timing, le positionnement et dans un appui vigoureux sur le bouton A quand on agrippe quelqu'un par la peau du dos. Les combats se terminent souvent en quelques secondes et cela, combiné aux pièces généralement petites dans lesquelles évolue Red, rend la plupart des quêtes très rapides et bien dosées. Les ennemis ultérieurs demandent des tactiques plus réfléchies et sont un peu plus habiles à éviter vos bras métalliques géants, mais même les combats de boss les plus serrés ne durent que quelques minutes.

Le combat n'est pas la seule activité d'un Chasseur : celui-ci à une carrière variée car Solatorobo propose tout au long du jeu de nouvelles fonctions et idées. L'excellente capacité permettant de voler n'importe où paraît sous-utilisée, tandis que la pêche, même si on pense a priori à quelque chose dans le goût de Zelda, implique de harponner des crustacés de la taille d'une maison avec une arme plus grande que soi. Des petites quêtes étranges se présentent, que l'on ne reverra plus jamais, comme par exemple enquêter sur un vol, combattre des pirates de l'air, nettoyer des égouts. Le nombre de 80 quêtes ne paraît peut-être pas énorme, mais lorsque l'on réalise qu'elles ne sont pas toutes des variantes sur le même thème sous une forme différente, cela devient beaucoup plus conséquent.

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