StarCraft II

Plus qu'un jeu

Les jeux de stratégie m'ont toujours accompagné dans ma vie de joueur. J'ai joué au premier qui a marqué l'histoire du jeu vidéo – Dune II – je l'ai terminé, je crois avoir joué à toutes les franchises ayant un peu marqué le genre. À Command and Conquer. Puis Alerte Rouge. Puis Command and Conquer. Puis re-Alerte Rouge. En fait, au départ, dans la guerre qui opposait Blizzard à Westwood, j'étais plutôt pour la franchise d'EA. Pour une raison simple : la non-limite de construction des unités. Cela donnait des improbables combats avec des centaines d'unités. Avec Warcraft et Starcraft, on était plus dans la finesse. Puis mes goûts ont évolué, comme tout le monde j'imagine. On cherche toujours à avoir des choses plus sophistiquées, plus fines. Et Warcraft III est arrivé. Avec son micro-management parfait, sa recherche de l'équilibre tout en proposant quatre races aux gameplays incroyablement différents (que celui qui a pigé la différence fondamentale entre le NOD et le GDI de Command and Conquer nous l'explique).

La renaissance des STR

Warcraft III était le jeu de stratégie que j'attendais au moment où il est sorti. Depuis, re-Command and Conquer, re-Alerte Rouge. À tel point que je ne sais même plus où on en est. C&C 4 ? Oui, je crois. Alerte Rouge 3 ? Pas sur et je n'ai pas envie de vérifier. Avec toutes ces années, j'ai cru un instant que je n'aimais plus les jeux de stratégie. C'est vrai que la narration est moins captivante que dans un Mass Effect par exemple. Enfin... Il ne faut pas faire d'un cas une généralité. Or, depuis toutes ces années, les seuls à nous avoir proposé des jeux de stratégies régulièrement, ce sont les développeurs d'EA. Et je ne crois pas qu'on ait eu histoire plus navrante. Le NOD, le GDI, le tibérium, Kane que l'on croit mort qui revient, Kane qui fait une alliance avec ses ennemis d'hier. Un personnage réussi en 15 ans, c'est court quand même. Donc, non, EA n'a pas le monopole des jeux de stratégie. Il faut dire que dans cette catégorie, Blizzard a tout fait pour se faire oublier. Mais Blizzard est un éditeur qui réfléchit. Qui prend son temps. Et qui transforme tout ce qu'il touche en or. Mais à avoir la tête dans le guidon des MMO, le pari StarCraft II n'était pas gagné d'avance.

1

Les retrouvailles avec la Reine des Lames se font via un écran.

On en aurait presque honte d'avoir mis en doute le savoir faire de Blizzard. Il faut cependant se souvenir de ce qui s'est passé depuis deux ans. Comme je vous l'ai dit, j'étais dans un état d'esprit où je ne courrais plus après les RTS. Puis j'ai pu voir des démos du jeu, toujours de l'escarmouche. J'ai eu le temps de voir que pas grand-chose n'avait changé depuis le premier opus. Bref, je commençais à imaginer un lent morphing de Blizzard en EA, à force de fréquenter Bobby Kotick. Puis il y a eu la bêta. C'est génial pour les heureux élus, ils ont pu se faire une idée par eux-mêmes. Mais là encore, c'était du multi. En gros, Blizzard a oublié de nous rappeler à son savoir-faire narratif tout en insistant lourdement sur le fait qu'il n'y avait pas grand-chose de neuf au sein même des missions.

Voici une maxime qui n'est pas complètement stupide : "On ne change pas une équipe qui gagne". StarCraft est un jeu pratiqué depuis... douze ans en Corée. DOUZE ans ! À l'échelle du jeu vidéo, c'est une éternité. Il y a douze ans, c'était la sortie de Titanic. C'était l'affaire Monica Lewinsky. La création de Google ! Le procès anti monopole contre Microsoft. Une éternité donc. Les coréens sont restés bloqués sur cette année-là. Pourquoi ? Il y a tout de même une raison. Je pense que StarCraft est le jeu de stratégie le plus équilibré avec néanmoins des gameplays incroyablement différents. J'ai rencontré Dustin Browder pour la sortie du jeu. C'est le lead game designer qui vous a peut-être dédicacé votre exemplaire de StarCraft II à l'ouverture exceptionnelle de la FNAC. Il expliquait : "vous ne pouvez à aucun moment dire que cette unité est l'équivalent de telle autre dans l'autre camp". C'est précisément la beauté de ce jeu : avoir réussi à équilibrer des camps aux gameplays diamétralement opposés. Et le plus remarquable, c'est que les gameplays en question reflètent les philosophies de chaque camp. Dans StarCraft, plus que dans n'importe quel jeu Blizzard, tout se tient de façon naturelle.

2

Les explosions et les effets graphiques sont somptueux.

Mais alors, si StarCraft est si bien, quel est donc l'intérêt de proposer une suite ? Bon, déjà, parce qu'un coup de balayette graphique ne fait pas de mal. On apprécie grandement le fait de pouvoir bénéficier des derniers CPU et GPU dans un tel jeu. Mais SCII, ce n'est pas que ça. Un jeu est composé de plein de choses : d'une interface, d'un scénario, de niveaux, de cinématiques, de musiques, de trucs et de machin qui clignotent et illuminent vos nuits blanches. Après un bon gameplay, ce que nous cherchons tous, chacun d'entre nous est plus ou moins sensible à certains trucs. Voilà le truc qui est magique dans StarCraft II. Que vous préfériez une histoire palpitante, des cinématiques grandioses, des missions remplies de rebondissements, Blizzard a mis la barre assez haute pour que le mot qui vous vienne à l'esprit soit : "Perfection".

Commentaires (7)

Fermés

  • Chargement