Test - Terminator : Renaissance
Rage against the Machine
Frustration. À mes yeux, Terminator en jeu vidéo ne représente que de la frustration. Ce sentiment vit le jour dans les années 90, époque où trônait dans les salles d’arcade la borne Terminator 2, Le Jugement dernier. La bête avait fière allure avec ses deux énormes fusils et elle nourrissait en moi un profond désir. Celle-ci m’était pourtant quasiment inaccessible. En effet, une pièce de 10 francs la faisait démarrer et mon très (très) jeune âge m’interdisait une quelconque indépendance financière… De plus, les quelques fois où j’ai eu accès à la borne en usant verbalement et psychologiquement mes parents, chaque partie ne durait pas plus de trois minutes, et prenait fin inéluctablement par un «Insert Coins» aussi laconique que frustrant. Jusqu’au jour où la salle d’arcade ferma. Aussi traumatisante fut cette expérience, je n’ai jamais retouché un jeu tiré de la licence Terminator, j’ai même à peine vu les suites cinématographiques. Du coup, Terminator Salvation aurait pu laver cet affront… Autopsie d’une nouvelle frustration.
Soyons francs. Une soirée. C’est le temps qu’il m’a fallu pour terminer le Terminator Salvation, soit cinq grosses heures de jeu. Autant dire qu’on risque de vite trouver dans les rayons occasion des boutiques dédiées. Pourtant, ayant anticipé le problème, le mode «difficile» fut choisi d’entrée, mais les séquences de rail-shooting à la difficulté excessive ont eu raison de ma patience. Pourtant le potentiel était là, et les vidéos distillées par Warner avait de quoi susciter de l’intérêt.
Il faut dire que ce Los Angles en 2016 se prête clairement à un jeu vidéo, d’autant que le gameplay à la Gears of War n’a plus rien à prouver. Pourtant, Terminator Salvation n’a du hit de Microsoft que ce gameplay. Graphiquement déjà, si l’ensemble est plutôt correct, ne vous attendez pas à des surprises. Seules les animations et déplacements des personnages accusent le coup, elles sont parfois d’un autre âge… Le pire étant dans les cinématiques, (trop) nombreuses et souvent lourdingues, les humains y apparaissent empruntés, presque mécaniques, un comble ! Sans parler des dialogues…
Terminator se base sur un système de mise à couvert à la Gears of War. C’est, hélas, le seul point commun entre les deux titres.
Côté scénario, si l’on s’attendait à une adaptation du film il n’en est rien. Un mal pour un bien, tant le long-métrage en est dépourvu... Terminator Salvation prend évidemment place à Los Angeles deux ans en amont du film Terminator Renaissance. Ici, le joueur incarne John Connor, qui pris dans un élan humaniste décide de se détourner des ordres de ses supérieurs afin de secourir quelques camarades en difficulté. Celui-ci se trouve affublé d’une coéquipière au digne de QI de Paris Hilton. Un conseil : tâchez de convaincre un ami de faire l’aventure avec vous en coop (va falloir se montrer persuasif).
Vous l’aurez compris, Terminator Salvation est avant tout orienté action, avec un bon point pour les séquences de rail-shooting qui dynamisent l’aventure. Car sinon, il faut bien avouer que les combats sont mollassons et souvent répétitifs. Le schéma est généralement identique ; de longs couloirs vous séparent des zones de combats. Une fois attaqué, placez-vous à l’opposé de votre coéquipier et effectuez des tirs croisés, en ayant trouvé en amont les points faibles des ennemis.
La première séquence de rail shooting du jeu…
Rassurez-vous, en plus d’un IA digne d’un Minitel, il n’y a que cinq type de machines ennemies différentes… Seuls le T600 et les motos pourront poser problème. Mais quel manque de diversité ! Côté bande son, Terminator Salvation s’en sort pas mal, l’ambiance des films est là. Les fans s’y retrouveront. Parlons-en des fans justement. S’il est un public pouvant faire des concessions et se délecter du titre, c’est bien eux. Mais GRIN (le développeur) a eu l’idée saugrenue, sans doute une sombre histoire de licence, de remplacer Christian Bale par un héros lui ressemblant vaguement la lumière éteinte et au charisme d’une huitre. Des dents vont grincer…
Terminons par une note positive. Si le jeu fut court, cela a eu le mérite que moi et mon partenaire en voyons la fin, qui retombe bien sur ses jambes, malgré le manque de surprise. De plus, si l’on n’a pas l’esprit trop critique (mes déformations professionnelles prennent parfois le pas sur mon bon sens) ou si l’on est fan de la série, le (court) moment peut s’avérer plutôt sympa. Vous voilà prévenu !
5 / 10
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Commentaires (1) Latest comment il y a 3 années
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