Battlefield 3 - Test

Le Multi ? Au bout du couloir !


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Si l'imitation est le plus sincère des éloges, les gens d'Infinity Ward et Treyarch doivent crouler sous les lauriers. En remaniant le fameux jeu de guerre en multijoueurs de DICE pour le positionner en rival direct du champion incontesté du genre Call of Duty, EA a réalisé un titre qui ressemble à son rival sur de si nombreux plans que c'en est franchement louche.

Ce n'est nulle part aussi évident que dans la campagne solo de Battlefield 3, qui occupe un disque à elle toute seule sur la 360. Celle-ci n'a qu'une relation très lâche avec l'élément multijoueurs du jeu, s'attachant surtout à vous plonger au coeur de l'action à grand spectacle de style hollywoodien qui a propulsé la franchise d'Activision en tête d'affiche, et il est étonnant de voir à quel point elle ne correspond pas au label Battlefield.

Battlefield 3 débute, ce qui est plutôt mauvais signe, par un QTE. Il faut appuyer sur A pour sauter à bord d'un train ; appuyer sur la gâchette droite pour lancer une animation non interactive de notre héros, le marine disgracié Sgt Blackburn, en train d'achever un ennemi ; appuyer sur B pour passer par la fenêtre du train et marteler A pour grimper sur le toit ; etc.

Voici les 20 premières minutes de la campagne solo, où il est question d'un terroriste fou et de missiles nucléaires volés.

Les choses sérieuses commencent une fois que le jeu a véritablement démarré et nous revivons un flash-back dans le Kurdistan irakien. Même là, le jeu ne fait pas confiance au joueur pour se diriger correctement dans ses couloirs magnifiquement conçus. C'est encore un de ces shooters militaires qui font de vous un suiveur, pas un leader, car le chemin à emprunter vous est en permanence dicté par des partenaires gérés par l'intelligence artificielle, qui vous disent exactement quoi faire et quand, tout du moins quand ils ne vous écartent pas brutalement parce que vous vous égarez malencontreusement au beau milieu de leur chemin immuable, ou encore quand ils ne s'aventurent pas exactement dans votre ligne de tir au moment où vous appuyez sur la gâchette. Battlefield 3 vous met en garde : « Tirer sur des amis ne sera pas toléré ». Par contre, la bêtise a droit de cité.

Aucun niveau n'illustre mieux cette linéarité rigide que Going Hunting, la troisième mission et celle où les jets entrent en action pour la première fois. Après nous avoir plongés dans la peau d'un personnage totalement différent et presque totalement sans intérêt (encore un truc pompé sur les campagnes éclatées de COD), Battlefield 3 nous gratifie d'une expérience remarquable qui utilise pleinement la vue subjective.

Vous avancez dans les entrailles d'un porte-avion, et l'on vous donne des indications en permanence. Le raclement des bottes sur le sol métallique résonne sous l'éclairage pâlichon de lumières électriques. Ensuite, une porte s'ouvre et l'on entend soudainement le grondement de la mer au milieu du vent et des embruns, et c'est d'un réalisme si saisissant que l'on peut presque sentir le goût du sel.

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