Brink

Faire front


Faire front

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Brink, on avait pu y gouter il y a peu de temps, à la présentation de l'ensemble du line-up de Bethesda. Pour une raison qui m'échappe, c'était sur Xbox qu'on nous avait présenté le jeu. L'avantage que nous avions sur la plupart du public, c'est qu'on avait des développeurs à côté de nous pour nous aiguiller quand on ne comprenait pas quelque chose.

Quand j'ai commencé ce métier, un des principaux points qui me tenait à cœur, c'était l'immédiateté avec laquelle on entrait dans un jeu. Les grandes scènes d'exposition et le blabla interminable avant le premier coup de feu avaient tendance à m'agacer. Depuis, je suis beaucoup plus tolérant et je suis prêt à admettre qu'une vidéo très classe puisse démarrer le jeu (si on peut l'interrompre avec la touche Escape quand même).

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Pour tout vous dire, si j'avais du tester Brink il y a 20 ans, je pense qu'il aurait eu 10. Sur 100. Oui, à l'époque, à Joystick, on notait sur 100. C'est probablement le jeu le moins naturel à prendre en main. Néanmoins, après toutes ces années de test, je dois bien admettre qu'une vidéo d'intro (made in Blizzard par exemple) ou une phase de jeu explicative sur les touches principales, ça peut avoir du bon.

Cela dit, la vidéo explicative de Brink est assez particulière. En trois ou quatre minutes, on nous explique tous les concepts du jeu, de façon super condensée. Tout y passe : les classes et leur particularité, le gameplay, les touches, les résurrections, les objectifs, les armes... Trois infos à la seconde, impossible à suivre. Ça me rappelle ces petits enfants qui vous expliquent leur week-end, sans faire le tri entre les informations pertinentes et celle qui ne le sont pas, comme le ferait n'importe quel journaliste (mauvais exemple : "DSK s'est endormi à la prison new-yorkaise après avoir absorbé un sandwich à la dinde").

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Je conduisais un mioche à la crèche le matin, il y a quelques années. Ça donnait parfois des choses comme : "Hier, hier, avec papy, on a fait la pêche, la pêche et puis mangé patates devant télétubbies qu'il y avait des oranges, le vieux monsieur du cinéma pour le chocolat en pâte à modeler, des crayons pour le service et... et... téléphone mamy poulet tarte aux fraises jardin et... et...". Ce qui me faisait flipper, c'est qu'il oublie de reprendre sa respiration. Je faisais gaffe à ça et je ponctuais chaque "phrase" par des mots comme : "bien", "bravo", "oh, tu as du t'amuser" et, quand j'étais vraiment de bonne humeur : "Tu préfères Po ou Lala ?", ce à quoi il me répondait : "la tondeuse au soleil et les lunettes à la purée". Ça avait tendance à me déprimer pour la semaine.

Donc, la vidéo explicative, ça part aussi dans tous les sens. C'est moins chaotique que le gamin du paragraphe précédent, mais c'est quand même trop dense. Je me souviens de l'unanimité des journalistes face à ce jeu et tous ceux qui l'ont essayé en dehors de la présentation Bethesda : "y'en a pour une demi-heure d'explication pour bien prendre en main le jeu !". Du coup, j'ai l'impression que les développeurs ont fait cette vidéo pour nous faire mentir. Pari tenu, tous les mécanismes sont exposés. Mais on ne comprend pas vraiment mieux les choses.

Le paradoxe, c'est que c'est un shooter. Donc, basiquement, on se dit qu'il ne faut pas être ingénieur pour démarrer un jeu de tir à la première personne. C'est certain, mais il ne faut pas être un gros bourrin non plus avec ce jeu, plus tactique qu'il n'y parait.

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