Dragon Age II : Legacy

Moyen


Moyen

10


Il est évident que Dragon Age II avait ses défauts et se fourvoyait parfois, mais – de mon point de vue tout du moins – ce qui lui donnait son éclat était la façon dont il ramenait la démesure coutumière des RPG à un niveau plus personnel. C'était très largement l'épopée d'un seul homme et elle était structurée de telle façon que lorsque des événements terribles accablaient la ville de Kirkwall, cela paraissait directement en rapport avec le personnage que l'on incarnait et les choix que l'on avait faits. Même si le jeu dans son ensemble a ensuite divisé les avis, sa force principale résidait dans cet accent mis sur la narration. Malheureusement, on retrouve très peu de cette force dans ce second DLC, qui se cale confortablement dans un cadre RPG plus traditionnel.

L'intrigue se déclenche à la suite de l'apparition d'une mystérieuse statue de griffon dans la demeure ancestrale de Hawke. Interagir avec elle conduit à une discussion avec Varric, dans laquelle il esquive subtilement la question du pourquoi il n'avait pas fait mention de cette aventure auparavant. « Je ne pensais pas que cela vous intéresserait », répond-il avec un sourire narquois. Étant donné la réputation d'inconstance de Bioware en ce qui concerne les DLC, il est assez téméraire de mettre en avant ce genre d'affirmation. De fait, à la fin, nous sommes intéressés. Un peu.

On nous ramène donc rapidement en arrière pour retrouver Hawke et comprendre pourquoi un Nain Carta essaie de le tuer. Il devient rapidement assez clair que cela a quelque chose à voir avec votre sang et les actions de votre père, qui fut impliqué dans une affaire avec les Gardiens Gris dans une prison forteresse éloignée.

C'est bien évidemment à l'intérieur de cette prison que vous aventurez et, tandis que vous progressez dans ses entrailles pour ressortir de l'autre côté, cette intrigue de famille est tout juste suffisante pour donner à l'histoire mince comme une feuille à cigarette une ossature capable de la soutenir. Un peu.

Le grand méchant Corypheus a un petit quelque chose des Transformers Megatron.

Par contre, tous les dialogues sont interprétés vocalement et les cinématiques sont abondantes, de même que les options de dialogue. Quelques-unes d'entre elles conduisent à des fins différentes, et alors que tant de DLC pour Dragon Age : Origins étaient virtuellement muets et ne proposaient que des couloirs où se succédaient des combats imbéciles sans aucune histoire, il convient de décerner la mention « réalisation professionnelle » à Legacy.

Cependant, la forme que revêt le gameplay n'est pas vraiment imaginative. C'est un périple linéaire, avec parfois des digressions se terminant par des impasses qui servent principalement à fournir des objets et des éléments d'intrigue pour les trois quêtes annexes optionnelles. Il y a des rencontres avec des mini boss et quelques nouvelles variantes de Darkspawn, même si celles-ci ressemblent plus à des versions remixées d'ennemis familiers qu'à des créatures d'une nouveauté renversante.

Pour ceux qui ont gardé une âme d'adolescent, le grand moment sera probablement une rencontre avec un Bronto caparaçonné appelé Wanka. C'est presque aussi bien que de découvrir que Han Solo avait jadis un compagnon robot appelé Bollux.

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