Homefront

Bas du front


Bas du front

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« Appuyez sur X pour sauter dans le charnier ». Il m'est souvent arrivé d'être confronté à des prompts assez bizarres dans un jeu, mais Homefront décroche le pompon avec cette exhortation étrangement calme à plonger parmi mes camarades massacrés.

Ce moment est par ailleurs parfaitement révélateur de la façon dont Homefront vise une cible évidente et imposante, mais parvient quand même à en manquer le centre.

L'intrigue est aussi simple que peu plausible. La Corée du Sud et du Nord sont réunifiées et deviennent une nouvelle superpuissance, juste au moment où l'économie américaine s'effondre et où la grippe aviaire ravage la population. Avant d'avoir pu prononcer les mots «sénateur McCarthy», l'infâme menace communiste a envahi le sol américain. Ils oppressent et assassinent à une cadence folle, comme si l'ignominie avait une date de péremption, abattant froidement une jeune mère et un père devant leur enfant dans la séquence d'ouverture, au cas où le seul fait de voir des soldats ennemis occupés votre pays n'aurait pas suffi à vous inciter à prendre les armes et à tirer dans le tas.

C'est là la première des plusieurs erreurs du jeu. Non seulement l'argument de départ est assez peu cohérent, mais on a avec lui une relation lâche et vague. Peut-être faut-il être américain pour apprécier vraiment l'horreur frémissante de ce cauchemar, mais il est difficile de se sentir impliqué quand on incarne un ancien marine muet dont la seule motivation pour combattre est simplement le fait que quelqu'un lui a donné une arme et dit : « Hé, ça te dirait de flinguer du coréen ? ».

La même chose est vraie de vos compagnons, un petit groupe de résistants grossièrement décrits qui se comportent exactement comme dans tous les films d'action, mais ne donnent jamais l'impression d'être de vrais personnages. L'argument de départ du jeu aurait demandé avant tout des histoires d'arrière-plan étoffées, des histoires personnelles de pertes et de tragédie ayant amené chacun des personnages là où ils en sont, mais ils restent tous des coquilles vides jusqu'à la fin.

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au cas où vous vous poseriez la question : oui, il y a un clin d'oeil à « l'aube rouge » dans le film.

Cela dit, ce manque de personnalité n'est pas ce qui vous préoccupera le plus, quand vous suivrez ces personnages aussi épais qu'une feuille d'OCB, au long de la campagne solo tout aussi mince, même selon les normes actuelles des FPS.

La plupart du temps, vous vous demanderez pourquoi ces personnages sont là, dès lors vous êtes, soit exclus quand ils font évoluer l'intrigue, soit le seul à résister pendant qu'ils se cachent derrière le décor. Il n'y a pas de nuance dans Homefront .

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