Medal of Honor

Tout ça pour ça !

Je garde un souvenir très plaisant des Medal of Honor, d'une certaine effervescence qui s'emparait des rédactions par lesquelles je suis passé quand la nouvelle se répandait comme une trainée de poudre dans les couloirs : "on a reçu le dernier Medal of Honor". Nombreux étaient les volontaires prêts à signer pour le test. J'ai eu la chance d'en faire quelques-uns et de tous les terminer, de toute façon. Je me souviens surtout de la première scène du premier, Omaha Beach. Peut-on réellement faire plus mythique que ça ? On s'y croyait, on avait tous en tête l'ouverture du Soldat Ryan. Même si aucun autre niveau n'a été aussi ambitieux que celui du 6 juin, on avait dans tous les volets suivants la volonté de proposer une bataille historique mythique.

Et c'est la raison pour laquelle ce "on a reçu le dernier Medal of Honor" laisse un goût si amer. À aucun moment il ne m'a semblé mettre un pied dans la même franchise. On se sert du nom d'une licence mythique, sans ajouter de sous-titre comme Modern Warfare, pour titiller la fibre nostalgique qui sommeille en nous depuis quelques années. Ça ressemble à un reborn, ce n'est absolument pas le cas, c'est autre chose.

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On est bien plus proche d'un Modern Warfare 3 que d'un Medal of Honor. Et c'est là l'autre problème du jeu. Attention, vous avez peut-être l'impression que c'est un flingage en règle, ce n'est absolument pas le cas. Le jeu est globalement correct d'ailleurs. Nous verrons ça plus loin. Je suis persuadé que si Modern Warfare n'existait pas, ou si le succès n'avait pas été au rendez-vous, ce Medal of Honor n'aurait jamais vu le jour.

Dès le début, le ton est donné. Le générique nous propose effectivement une vue de la terre dans laquelle on comprend que des grandes oreilles des satellites écoutent des conversations. En incrustation, des lignes de codes qui défilent. Je vous avouerai que je n'ai pas vu la séquence d'intro de MW2 depuis longtemps, mais j'ai vraiment l'impression d'une repompe intégrale. Pendant la partie, on vole de mission en mission et c'est toujours un peu décousu, on retrouve la même narration nous permettant d'aller de niveau explosif en niveau explosif, histoire d'en prendre plein la gueule. Je me souviens d'Erwan Cario qui, dans Silence on joue, avait trouvé un magnifique raccourci pour Modern Warfare 2 : "On sait où est passé le pognon". C'est un peu le leitmotiv qui a du faire avancer les développeurs.

Malheureusement, c'est un cran en dessous. Oui, un cran en dessous par rapport à un jeu sorti il y a environ un an. Forcément, ça ne fait que renforcer notre doute sur la motivation d'EA : ambition d'un reborn ou machine à cash.

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