Test - Operation Flashpoint : Red River
Bon jeu, sale guerre
Bon jeu, sale guerre
Call of Duty et ses pairs sont des versions de fête foraine approximatives de la guerre moderne. Leurs concepteurs arrangent soigneusement les bâtiments, les rayons de lumière et le terrain pour vous faire tourner la tête et attirer votre regard tandis que vous progressez sur des rails. Des explosions détonnent et des ennemis surgissent quand vous franchissez d'invisibles déclencheurs, qui sont réactivés par l'équipe SFX dès que vous en avez terminé, prêts à épater le prochain touriste.
Ces jeux sont souvent enivrants et méritent incontestablement leur place au centre et au coeur du jeu grand public pour les frissons viscéraux et immédiats qu'ils procurent. Ce ne sont néanmoins que des versions Disneyland de la guerre contemporaine. La principale émotion que l'on ressent en voyageant dans cette succession mécanique de séquences scénarisées est celle d'une puissance fabuleuse, rarement de la peur.
Il serait inepte d'affirmer qu'Operation Flashpoint, la seule série de simulation militaire sur console, ressemble à une vraie guerre. Pourtant, les émotions que suscite le jeu sont indéniablement plus nuancées et réalistes que celles de ses cousins où l'on passe le plus clair de son temps à tirer dans des couloirs.
Il y a toujours des déclencheurs invisibles qui font surgir les ennemis des bâtiments, mais dans ce monde, les munitions sont rares, plus la portée de tir est importante et plus les balles perdent de la hauteur, et il n'y a pas de chemin précisément tracé à travers ces espaces déserts grands ouverts pour vous emmener au pas de charge vers le prochain objectif sans qu'il soit besoin de réfléchir.
Quand le sergent à la voix bourrue aboiera dans le casque pour demander un tir de mortier sur une ferme à deux clics au nord - où une poignée d'insurgés sont retranchés avec des AK47 – vous scruterez très probablement l'horizon avec un véritable sentiment de panique et de stress. Quelle peut bien être la bonne cible parmi toutes ces maisons identiques qui parsèment le paysage ? Si vous choisissez la mauvaise, vous provoquerez non seulement la colère noire de votre sergent, mais pourrez de surcroît exploser vos compagnons de l'escadre Alpha, les faisant passer directement du Tadjikistan à CNN.
1/5 Les trois dernières balles du magasin sont des balles traçantes ce qui vous permet de savoir instinctivement quand recharger sans avoir à regarder le HUD.
L'armée américaine a été sévèrement critiquée parce qu'il arrivait que ses soldats se tirent mutuellement dessus pendant la guerre en Irak. Cela dit, il est étonnamment difficile de distinguer un ami d'un ennemi quand on plisse les yeux à cause de l'intensité de la lumière du soleil de midi. Quand on joue à Operation Flashpoint : Red River au niveau 'hardcore', sans le HUD, sans régénération ni points de sauvegarde, sans rien d'autre que les yeux et la radio pour recueillir des informations, Red River installe une intensité insoutenable qui est extrêmement rare dans les jeux vidéo.
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