The Beatles : Rock Band

Come together… right now !

« Rendu célèbre par » ; les vétérans de Guitar Hero ne se rappelleront que trop bien que cette phrase était l'euphémisme employé au début de la série pour souligner le fait que l'on ne jouait pas la version originale mais une reprise. « Rendu célèbre par Boston » ; « Rendu célèbre par Queen »; « Rendu célèbre par Ozzy Osbourne ».

Les choses ont bien changé. Quelques milliards de dollars et 10 millions d'exemplaires vendus plus tard, les enregistrements originaux sont devenus la norme plutôt que les adaptations, et certains artistes sont légitimement estampillés comme « Rendus célèbres par Guitar Hero » ou « Rendus célèbres par Rock Band ».

Alors qu'auparavant, les éditeurs cognaient à la porte des labels de disques pour mendier et acheter des contenus avec un petit budget, simplement quatre ans après on voit des rockers faire des pieds et des mains, même sobres, pour grappiller une place dans des playlists qui peuvent populariser un groupe. Cependant, aussi importants que soient devenus les géants de la musique Activision et MTV, ce ne sont pas les Beatles. Rien ni personne ne l'est.

Par conséquent, la première chose importante à souligner en ce qui concerne The Beatles : Rock Band, c'est qu'il est déjà étonnant qu'il existe. C'est le catalogue de musique le plus important qui soit, un catalogue qui n'est jamais encore sorti en numérique – pourtant, mercredi prochain les joueurs pourront télécharger All You Need Is Love sur Xbox Live, le téléchargement complet des albums Abbey Road et Sgt. Pepper étant déjà confirmé pour bientôt.

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Après avoir fini le mode Histoire, le générique de fin interminable listant les intervenants externes aux développeurs révèle la complexité inextricable du montage industriel et des intérêts concurrents à l'oeuvre ici. Pourtant, non seulement Harmonix a su géré cela, mais il a ensuite entrepris de créer un hommage d'une telle minutie et d'une telle qualité artistique qu'il impose de fait une nouvelle norme à l'aune de laquelle seront jugés tous les futurs jeux centrés sur un groupe.

Considéré uniquement sous l'angle de l'hommage aux Beatles, il va au-delà des attentes des Beatlesmaniaques les plus obsessionnels. MTV aurait sans problème pu sortir en fanfare un ensemble de morceaux des Beatles dans la foulée de la sortie du catalogue remastérisé, que cela aurait à peine détonné. Cela dit, en dehors de toute autre considération, cela ne nous dit pas comment fonctionne les Beatles.

Les reproches adressés à la liste de titres sont la raison pour laquelle j'insiste sur ce point. Pourquoi seulement 45 chansons, quand Guitar Hero 5 en propose 85 et Rock Band 2 (si l'on inclut les téléchargements gratuits) plus de 100 ? Et qu'en est-il du choix des chansons ? Où sont "Help !", "She Loves You", "Hey Jude", "Strawberry Fields" ? N'est-ce pas une fabuleuse arnaque pour exploiter les joueurs via des DLC ?

Réponse en quatre points. Premier point : 45 chansons des Beatles, ce n'est pas si mal comparé aux 28 morceaux de Metallica dans le Guitar Hero qui lui est consacré, le reste étant des contributions « d'amis » ; deuxième point : combien existe-t-il d'artistes actuellement ayant à leur répertoire 45 chansons d'une qualité suffisante pour justifier une sortie commerciale ? ; troisième point : vu la réalité commerciale actuelle, les droits de licence des chansons ont dû coûter une somme faramineuse et les coffres de MTV ne sont pas inépuisables ; enfin, quatrième point : combien de morceaux en moyenne aimez-vous vraiment dans un jeu Guitar Hero/Rock Band classique ? Soyez francs. Ce n'est bien sûr qu'un avis personnel, mais chaque morceau de The Beatles : Rock Band contient un moment de jeu divertissant et mémorable, que ce soit un enchaînement de batterie spécifique, une ligne de basse à tomber à genoux, une harmonie ingénieuse ou un riff classique.

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Les harmonies vocales en actions sur Day Tripper.

Le jeu est structuré de façon à faire voyager le joueur au travers des moments forts de la remarquable carrière des Beatles, avec des chansons spécifiques à chaque période : des débuts au Cavern Club à l'apparition dans le Ed Sullivan Show qui avait conquis l'Amérique, suivis par l'hystérie des concerts au Shea Stadium et au Budokan, la retraite dans Abbey Road Studio 2, et cette dernière performance légendaire sur le toit du quartier général d'Apple à Londres.

Comme ce n'est qu'un survol de leur carrière, ce n'est bien sûr pas complet et cela s'apparente plus à écouter les albums de compilation Rouge et Bleu. Malgré tout, en tant qu'expérience de divertissement, c'est bien plus que cela. Pour un passionné des Beatles, le matériel d'archives est un régal et la preuve des efforts déployés, non seulement par Harmonix, mais surtout par Giles Martin, le fils du producteur des Beatles Sir George, dont le zèle consciencieux à trier parmi les masters originaux a facilité l'inclusion de prises studio rarissimes.

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