The Chronicles of Spellborn

Des petits moyens, mais...

The Chronicles of Spellborn montre son plus mauvais côté quand il tombe dans l'ordinaire. Les changements de niveau s'accompagnent d'animations tourbillonnantes et il faut passer plusieurs minutes à regarder ou répartir ses points. De même, les quêtes sont convenues. Avec son budget épais comme une feuille de cigarette et sans l'appui d'un éditeur renommé, c'est un MMO qui peut difficilement soutenir la comparaison avec World of Warcraft et Warhammer Online. Heureusement, il est relativement peu fréquent qu'on le compare à ces deux monstres. Il est peut-être coupable de s'en tenir aux conventions établies pour ce qui est des tâches de base, mais dans sa grande majorité Spellborn s'aventure en territoire inconnu.

Le jeu, qui se déroule dans un monde fantastique totalement original, vous demande d’incarner un novice de la milice dans la ville de Hawksmouth, une métropole médiévale qui se dresse sur un des nombreux fragments à la dérive qui composent le monde du jeu. A l’origine, il n’y avait qu’un seul continent, mais quand les races du jeu – les Humains et les Daevis bizarrement foutus, les différences étant purement visuelles du point de vue du gameplay – se sont rebellés contre leurs princes démons, le monde a volé en éclats.

Le style graphique est radicalement différent de celui des autres MMO. Les fragments sont des mondes fermés; quand on regarde vers le haut, on voit la voûte d’une caverne de pierre, très loin au-dessus de sa tête, avec des trous laissant passer la lumière du jour. D'énormes dalles de pierre, empilées de façon désordonnée dans le Sundering, émergent du paysage, tandis que des fragments de cristal scintillants baignent d'une lumière fantomatique les nombreuses clairières qui parsèment la forêt. Les décors, aux graphismes véritablement splendides, contribuent à en faire un jeu où l'exploration est un régal. Les contours bien dégradés et la lumière diffuse, de même que la musique de circonstance et la bande-son d'arrière-plan magnifiquement composées, contribuent à donner au jeu un aspect crépusculaire très évocateur. À l'occasion, Spellborn essaie de vous épater avec des panoramas somptueux – l'architecture démesurée des bâtiments des ‘High Houses’ en étant un parfait exemple – mais il s'attache généralement plus à tisser une atmosphère subtile, et c'est tant mieux.

Le style visuel a beau être unique, ce n'est cependant que la partie émergée de l'iceberg. Même s'il sacrifie aux conventions de base en ce qui concerne la façon de donner les quêtes, la structure et l'expérience, Spellborn s'attache aux détails de façon totalement originale, s'appuyant plus sur les compétences et la préparation que sur l'équipement ou les statistiques. Par exemple, là où d'autres MMO (notamment Age of Conan) ont essayé de réduire la prééminence de l'équipement en rendant ses caractéristiques moins importantes, Spellborn va encore plus loin. Lors de la création du personnage, on choisit parmi un éventail de jolies armes et armures, toutes étant disponibles pour tous les archétypes, et l'on n'en découvre encore plus au fur et à mesure que l'on progresse, mais tout cet équipement est complètement cosmétique.

1

Plutôt que de se focaliser sur l'équipement, le jeu met l'accent sur l'importance des compétences, des parties du corps à équiper et des sceaux. On acquiert des compétences quand on progresse, même s'il faut prendre une décision quant à celle que l'on veut acheter, tout du moins au début. Les parties du corps à équiper deviennent disponibles au niveau cinq, quand on choisit l'archétype de son personnage (il y a trois chemins différents pour chacun, avec des capacités et des rôles légèrement différents). Ce sont essentiellement des compétences de protection, qui influencent tout ce que l'on fait dans le combat – réduisant par exemple les dégâts pris dans les combats au corps à corps au détriment de l'augmentation des dégâts des armes à distance. On s'équipe de plusieurs de celles-ci et l'on choisit ensuite la plus appropriée avec les touches de fonction.

Les sceaux, quant à eux, sont ce qui se rapprochent le plus du véritable équipement dans Spellborn et ils en sont pourtant très éloignés. Ils occupent des slots sur les éléments d'armure, n'apparaissent qu'après que l'on a joué pas mal de temps, et chacun d'eux peut-être détaché de l'armure sur laquelle il se trouve et collé ailleurs. Il est difficile de prédire pour le moment si les sceaux seront aussi essentiels lorsque l’on progresse dans le jeu que l'est l'équipement dans des titres comme WoW, mais tout ce qu'a dit l'équipe de Spellborn sur le sujet indique le contraire.

2

Au contraire, les développeurs semblent plus intéressés par les compétences des joueurs et la planification stratégique, les compétences étant en totale rupture avec ce qui se fait, car Spellborn se dispense totalement des jets de dés en coulisses. Vos attaques n'ont donc plus un certain pourcentage de chances d'échouer, ni vos défenses un pourcentage d'éviter les coups, et si vous voulez toucher une créature avec une attaque il vous faut la viser. Pour esquiver, il faut s'écarter. Si vous voulez porter un coup critique, il vous faut trouver un moyen de passer derrière votre ennemi et le poignarder dans le dos.

Cela signifie de facto que le combat est nettement plus rapide et plus focalisé sur l'action que dans d'autres MMO. Ce changement n'a cependant pas été fait sans avoir au préalable pesé soigneusement toutes les considérations. Pour éviter que les joueurs enchaînent un torrent d'attaques rapides, le jeu inflige des pénalités quand on rate des attaques puissantes - souvent, si vous en déclenchez une sans avoir visé correctement, vous vous infligerez vous-même des dégâts où vous pénaliserez vos statistiques. De la même manière, le jeu reconnait que le mouvement et la vitesse de contournement sont absolument essentiels pour la victoire. Par conséquent, de nombreuses attaques boostent votre vitesse de mouvement ou réduisent la vitesse de vos ennemis – ce sont indéniablement les buffs et les debuffs les plus puissants et cohérents du jeu.

Commentaires (1)

Fermés

  • Chargement