The Last Story - Test

Émerveillement et frustration.

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Hironobu Sakaguchi a contribué à inventer le jeu de rôle japonais tel qu'il est aujourd'hui. En 1987, après avoir flirté avec le développement de jeux chez la firme Square alors naissante, il décida de s'y essayer une dernière fois avant de passer à autre chose. Le titre de ce projet a été à la base de l'une des contradictions les plus persistantes et les plus divertissantes du monde du jeu.


25 ans après le premier Final Fantasy, Sakaguchi est maintenant parti. Après la sortie de "Les créatures de l'esprit", un film en images de synthèse de Square et une folie de plusieurs millions de dollars qui reste un des plus gros désastres commerciaux du cinéma, Sakaguchi fonda Mistwalker : les co-créateurs de titres traditionnels comme Blue Dragon et Lost Odyssey, des jeux faits de la même étoffe que celle qu'il avait été le premier à tisser.

En regardant en arrière, on pourrait penser que le genre n'a pratiquement pas évolué. Un même fil conducteur relie le premier Final Fantasy et des jeux comme Lost Odyssey, la cohérence de leurs mondes riches étant assurée par du combat au tour par tour et un mélange de narration copieuse et d'exploration libre.

The Last Story - le dernier titre de Mistwalker et le premier jeu de Sakaguchi en tant que directeur depuis Final Fantasy 5 - est une tentative de réinvention des sagas JRPG actuelles. Son histoire est racontée en un peu moins de 20 heures, son action est rapide, en temps réel et sans qu'il soit besoin de gratter des XP par des combats de routine, tandis que ses mécanismes sont intelligents, simplifiés et faciles à comprendre. C'est un RPG qui ne ressemble à aucun autre.

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Les pouvoirs magiques des membres du groupe sont gérés élégamment avec des cercles qui apparaissent sur le champ de bataille et qui ajoutent des dégâts du feu à vos attaques ou vous soignent.

Sa volonté de bouleverser les choses n'est pas évidente dès le départ. The Last Story, qui se déroule dans et autour du décor fantastique de l'île Lazulis, a pour toile de fond la guerre entre les humains et les Gurak et son histoire est aussi bien troussée qu'elle est simple : un garçon rencontre une fille, il gagne des super pouvoirs et il entreprend de sauver le monde. Une journée de boulot comme une autre pour un héros de JRPG...

Pourtant, bien que la toile de fond et l'histoire soient tirées des manuels de JRPG les plus éculés, la narration leur donne une vraie vie. The Last Story est un jeu magnifique dont les visuels délavés de tonalité sépia reflètent parfaitement la tristesse mélancolique dans laquelle baigne depuis toujours l'oeuvre de Sakaguchi.

Lazulis City, l'immense hub d'où partent les différents chapitres de The Last Story, est un ensemble architectural à couper le souffle. C'est le cœur du jeu, traversé de grandes avenues où vous pouvez suivre l'écho de gens absorbés dans des bavardages nonchalants de milieu d'après-midi. Des courettes cachées y cèdent la place à des marchés foisonnants et à des cours d'eau pittoresques. C'est une des grandes villes du jeu et c'est un plaisir enivrant que de s'y perdre.

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