Uncharted 3 : Drake's Deception - Test

Un jeu à grand spectacle


Un jeu à grand spectacle

10


Uncharted 3 est mon 200e test sur Eurogamer. C'est la nouvelle version du site qui m'a permis de m'en rendre compte ! Normalement, si tout se passe bien, avec les magnifiques images de cette exclusivité PS3, ce 200e texte devrait être super beau.

200 tests… Parmi lesquels Deus Ex Human Revolution, From Dust, L.A. Noire, Cataclysm, Mafia II, mais aussi Duke Nukem Forever ou Call of Juarez Le Cartel (histoire de ne pas donner l'impression de mettre que des 10). Et aujourd'hui, Uncharted 3. Probablement le jeu le plus spectaculaire de la console. Pas seulement pour des raisons techniques, mais également grâce à sa réalisation. D'ailleurs, j'ai plus envie de parler de mise en scène que de gameplay.

Dans ce troisième opus, l'aventurier que l'on commence à connaitre est sur les traces d'une cité perdue, Ubar, l'Atlantide des sables. Il est également sur les traces de son aïeul, Francis Drake, le célèbre corsaire, et de Thomas Edward Lawrence plus connu en tant que Lawrence d'Arabie. Les souvenirs de ces deux personnages historiques lui apporteront les indices nécessaires à cette quête.

Et ça, c'est vraiment la première superbe idée. Naughty Dog ne s'est pas contenté de faire du name dropping avec Drake ou Lawrence. Les scénaristes de Uncharted 3 sont allés un peu plus loin en piochant dans la vie du militaire-archéologue-écrivain-aventurier britannique.

Il faut savoir qu'entre 1907 et 1908, Lawrence entreprend un énorme périple en vélo en France sur les traces des croisades (cela lui permettra d'écrire sa thèse sur L'influence des croisades sur l'architecture militaire européenne) et lui fera découvrir Château Gaillard, Coucy, Carcassonne, Chinon et évidemment, Chartres).

Ça a un effet assez troublant : plus on découvre d'éléments réels de la vie de Lawrence s'intégrant dans Uncharted 3, plus le reste passe facilement. Ce phénomène s'est souvent produit dans les jeux vidéo.

J'ai d'abord évidemment repensé à Indiana Jones 4. Le jeu, pas ce film incroyablement décevant (à tel point qu'on ne parle pas de tétralogie, mais de la trilogie et du truc là, Indy 4). Dans le jeu, Indiana Jones est à la recherche de l'Atlantide. Pour trouver le continent perdu, il utilise le bouquin de Platon, Les dialogues perdus. Or, Platon a effectivement été le principal artisan du mythe du continent perdu. Il en parle dans le dialogue Timée. Il va jusqu'à parler de l'orichalque, un métal qu'il faudra régulièrement utiliser vers la fin du jeu. Indiana Jones 4 ne nous fait pas croire à l'Atlantide (qui est probablement le premier canular sur terre, ou un récit métaphorique), rassurez-vous. Mais au final, on ne sait plus trop ce qu'a imaginé Platon, ce qu'il a écrit et ce qu'ont écrit les scénaristes de Lucas. Personnellement, j'adore cette confusion.

Je repense aussi à Gabriel Knight 3 qui se déroulait à Rennes-le-Château et qui se basait sur les histoires récentes et anciennes de la ville. D'ailleurs, il faut se demander si Dan Brown n'a pas été allégrement piocher dans cette histoire pour son Da Vinci Code. Le fait que des trajets touristiques Da Vinci Code aient lieu à Paris montre à quel point les gens sont friands de cette confusion, même si on doit plus la pyramide du Louvre à Mitterrand qu'aux Mérovingiens.

Excusez la digression. Mais Uncharted 3, c'est aussi ça, la fusion d'un scénario dans l'Histoire. Et vu les exemples pris ci-dessus (les jeux ont respectivement 19 et 12 ans), je trouve que ça manque un peu, ce genre de fantaisie, cette plus-value intégrée à une histoire. Oui, je pense qu'il faut du talent pour réussir ça et Naughty Dog y parvient mieux que quiconque.

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