Viking : Battle for Asgard Preview
Xbox 360 PlayStation 3 Preview par Quintin Smith
Vous avez le droit de ne pas me croire quand je dis que Viking : Battle For Asgard pourrait bien être le jeu que nous attendions en découvrant Fable. Car l’idée maîtresse de Fable, c’était bien de laisser le joueur chausser les bottes (de clown) d’un héros. On pouvait ainsi décider quel genre de héros on souhaitait incarner, tout en étant libre de ses actes mais quelque chose d’important manquait. Un vrai héros est un gars qui sort du lot, il y en a un sur un million des types de sa trempe ; or le monde de Fable était petit et bizarroïde. Au mieux, on était le héros d’une poignée de péquenots loufoques et à moitié débiles, dont les louanges étaient si agaçantes qu’ils ont décidé plus d’un joueur à opter pour le côté obscur, rien que pour le plaisir de les couper en rondelles. Une poignée, donc. Un protagoniste, tout au plus. Lequel pouvait devenir rapide et costaud, certes, mais ne donnait jamais l’impression d’être un héros pur jus.
Alors que dans Viking, on se sent d’emblée dans la peau d’une foutue légende vivante.
Tout est question d’échelle. Viking est avant tout un jeu de baston à la troisième personne où l’on passe pas mal de temps à se balader seul, mais le moteur semble aussi capable de simuler des batailles mettant en scène plusieurs milliers d’hommes de part et d’autre. Et alors que la plupart des jeux de bataille à grande échelle misent tout là-dessus, Viking a d’autres atouts en poche. Imaginez que vous passez deux ou trois heures à vous emparer de sites stratégiques, livrer des messages et à vous défaire de poches de résistance (on parle toujours de Viking, pas de drague), cependant on ne cesse de vous répéter l’importance de vos actes. Et cette importance, elle vous saute aux yeux au bout d’un certain temps : la scierie que vous avez libérée a permis de construire des engins de siège, vos archers prennent position sur la colline reprise à l’ennemi, et voici devant vous 1 500 vikings armés jusqu’aux dents, prêts à en découdre. Et bien sûr, c’est vous qui les menez au combat, en dur à cuire baraqué que vous êtes.
Les batailles dans Viking sont ce que Creative Assembly nomme des boss de fin de niveau ; elles concluent l’action située sur chaque île que vous devez reprendre. Et s’il faut les reprendre à l’ennemi, c’est parce qu’au démarrage du jeu, elles sont tombées aux mains de légions de morts-vivants commandées par Hel. Oui, Hel, fille du dieu nordique de la fourberie et de la trahison, qui a ouvert un peu partout des portails menant au royaume des morts. Son but étant d’accélérer la survenue du Ragnarok, le chaos final, Odin en prend évidemment ombrage et dépêche Freya, sa propre fille, qui à son tour confie cette mission sacrée au joueur, à savoir son champion, Skarin. Ça tombe bien, il n’avait rien de mieux à faire que sauver le monde.
On peut bien sûr s’inquiéter de la médiocrité des batailles dans des titres comme Dynasty Warriors, Bladestorm, Kingdom Under Fire ou même Spartan : Total Warrior de Creative. Ce serait vraiment regrettable de répéter la même erreur dans Viking. Difficile de juger pour l’heure, car nous avons seulement vu jouer les développeurs, ce qui n’est pas toujours très éclairant ; en tout cas, il se pourrait fort bien que Viking soit d’une autre trempe.
Dans la mission à laquelle nous avons assisté, Skarin était sur une île boisée avec pour mission d’aller délivrer des guerriers vikings retenus prisonniers dans une carrière, puis de les aider à se sortir de là. La première étape consistait donc à s’enfoncer dans la forêt contrôlée par Hel, et la différence entre un territoire aux mains du mal ou des vikings est immense. Au fil de la progression sur cette île, on libère des territoires qui passent d’un vert maladif à une teinte dorée automnale, avec une brume fétide qui laisse place à un soleil éclatant.
La mission en elle-même étant une mission d’infiltration en douceur, il fallait jouer profil bas mais aucun système d’alerte pénible n’empêchait la progression du héros. C’est la dimension du jeu qui rend la prudence de rigueur : les morts-vivants patrouillent par paquets de quarante soldats… On nous a expliqué que rien n’empêche un joueur ambitieux de les attaquer bille en tête, et qu’il est même envisageable de les anéantir ; simplement, ça n’est pas recommandé, vu qu’il y a déjà assez à faire avec les assassins embusqués qui descendent des arbres !
C’est en affrontant lesdits assassins que nous avons exploré la mécanique des combats. Si vous prenez le temps de massacrer l’ennemi avec ce qu’il faut de coups bien gore (genre empalement, éventration, etc.), cela plaît à Freya. Celle-ci vous accorde alors des bénédictions qui augmentent de façon significative l’efficacité de vos attaques. Le cadre est ainsi défini : il faut être le plus sanguinaire possible, et quand la situation est tendue, on utilise les bénédictions pour se muer en machine de guerre qui tranche dans les ennemis comme du beurre. Sur le plus long terme, on peut également augmenter les pouvoirs de Skarin dans les campements vikings, apprendre de nouveaux coups et améliorer armes et armures.
L’autre élément de gameplay qui nous a été montré fut une bataille finale, sur une île d’aspect hostile faite de glace et de pierre. Le contraste est saisissant quand on passe de quelques dizaines de squelettes à toute une armée des morts ; mais le système de jeu change également. Un chiffre à l’écran vous indique combien il vous reste de soldats, et vous disposez de quelques options permettant d’aller les aider ici ou là. On peut rester statique, mais il est préférable d’aller détruire les portails par lesquels l’armée des ténèbres reçoit des renforts incessants. Dans votre armée, vous disposez également d’un atout précieux, des chamans qui soignent vos troupes (ou votre héros, s’il est à portée) ; il faut les défendre coûte que coûte. Autre paramètre, le «matériel» à disposition, auquel on accède en accomplissant des missions optionnelles. On peut par exemple gagner la confiance des dragons avant une bataille, pour qu’ils servent d’appui aérien massif.
Cela fait beaucoup à faire pour un seul gars, donc. Heureusement, le gars en question n’est pas ordinaire. C’est un héros. Et pour juger plus précisément de sa dimension héroïque, rendez-vous début 2008.
Avez-vous hâte de jouer à Viking: Battle for Asgard sur PlayStation 3/Xbox 360 ?
Découvrez les jeux les plus attendus par les lecteurs d'Eurogamer









