Viva Piñata : Pocket Paradise

Une perle Rare...

Il n'est pas fréquent que la DS piétine joyeusement la Xbox 360 (à moins de vivre au Japon, auquel cas cela arrive tous les jours), mais avec Viva Piñata, l'adorable jeu de stratégie jardinière de Rare, la console de salon nextgen de Microsoft doit se résigner à se voir enfoncer dans la boue sous le talon des santiags de sa rivale de poche à deux écrans. Viva Piñata : Pocket Paradise porte bien son nom, même s'il a passé plus de temps entre mes mains que dans ma poche.

Tout d'abord, et c'est le plus important, Rare a réussi à recréer presque entièrement le jeu Xbox 360 sur DS. Vous commencez au départ avec un lopin de terre jonché de détritus, on vous donne une pelle, un arrosoir et de brèves instructions. C’est ensuite à vous de nettoyer le terrain et de le planter. À peine avez-vous commencé à faire le ménage que de petits animaux commencent à s'intéresser à votre parcelle et, en moins d'une heure, l'attrayant conflit d'intérêts qui est au centre du jeu se fait jour : à chaque fois que vous pensez que votre jardin devient plus beau, un autre piñata apparaît et son charme vous pousse à réaménager et à cultiver votre terre pour répondre à ses besoins résidentiels et pour l'élever ensuite. Puis, il en vient un autre. Et cela pendant des heures.

Sur Xbox 360, Viva Piñata (le premier du nom) reposait sur de jolies animations et une débauche de choses à faire pour vous occuper et, même si sur la DS la surface du jardin est plus petite, il y a en fait quelques créatures en plus, le rythme et les mécanismes du gameplay sont intacts voire même affinés grâce à ce qu'il y a de mieux dans Pocket Paradise après le jeu lui-même : les nouveaux contrôles tactiles. Des actions simples, comme déplacer des pommes et des caisses autour du jardin, où planter les graines, se font simplement sous forme d’un glisser-déposer via le stylet de la DS. Il suffit de dessiner l'herbe sur l'écran tactile, et pour diriger les animaux rien de plus simple : vous n’avez qu’à le sélectionner et pointer ensuite le stylet vers l'endroit désiré. Les outils de base et leurs actions – comme les coups de pelle, le bêchage, le labourage ou encore creuser une mare – sont tous sous votre contrôle grâce à un couple de petits coups de stylet super rapides sur des icônes disposées logiquement et, tandis que la main qui tient le stylet utilise ce système de contrôle intuitif, votre pouce utilise le pavé directionnel ou les boutons en façade pour faire bouger la caméra.

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La vue est peut-être un peu trop rapprochée, mais c'est une chose que l'on oublie au bout de quelques minutes.

Les actions plus subtiles - comme renommer un animal ou creuser la terre pour construire un habitacle approprié pour un piñata pointant craintivement son museau en lisière de votre parcelle – sont plus élaborées, mais tout aussi faciles à mémoriser. Comme dans la suite de Viva Piñata qui vient de sortir sur 360, il est aussi possible de sélectionner des animaux et de les examiner quand ils sont légèrement à l'extérieur de votre jardin, ce qui rend facile de voir ce qu'il faut faire pour les inciter à y entrer. On peut accéder à l'encyclopédie, aux récompenses et aux autres ressources qui vous aident à tirer le meilleur parti de vos graines, de vos bâtiments et de vos outils, en appuyant sur le bouton de coin droit pour intervertir l'écran d'informations et celui du jardinet. Il ne vous reste ensuite qu’à appuyer sur le bouton approprié.

Cerise sur le gâteau, tout cela est très rapide. Les possesseurs de Xbox 360 devaient passer des heures à regarder les nombreux écrans de chargement pour visiter la boutique où vous achetez les graines, les fournitures de jardin et autre objets, ou le docteur, ou le bricoleur qui transforme le pain en sandwich et le lait en fromage. À l'inverse, les possesseurs de DS n'ont qu'à donner un petit coup de stylet sur ces écrans pour obtenir rapidement ce dont ils ont besoin, mieux encore, il n’est pas toujours nécessaire d’en passer par là ; le docteur et le bricoleur, par exemple, peuvent être appelés en tapant sur deux icônes de l'écran jardin et il suffit ensuite de choisir le piñata ou l'objet qui doit être guéri ou réparé. Il y a également moins de pagaille ; il y a toujours de nombreux messages pour vous alerter des plaintes, des maladies, des bagarres et autres choses, mais ils apparaissent sur l'écran du haut au lieu de s'empiler en bas de l'écran jardin.

Après le contenu et l'interface, la plus belle pépite du coffre au trésor qu'est Pocket Paradise est le graphisme du jeu : une autre adaptation stupéfiante du matériel source de la 360. Les animaux originaux étaient des petits bijoux en papier crépon à mettre un processeur sur les genoux (nous avions dit, lors de sa sortie si je m'en rappelle bien que c'était l'effet le plus réussi de Rare depuis Donkey Kong Country), mais même sans bénéficier de cet effet haute définition, le résultat est presque le même malgré la moindre précision de la résolution réduite. Que ce soit le charme ingénu des sparrowmints, la lente déambulation du fizzlybear ou les petits pas mal assurés des sherbats (et les noms très bien trouvés, à l'évidence), la personnalité du jeu étincèle, malgré les limites graphiques de la DS et la décision de représenter les objets plus complexes, comme les arbres et les bâtiments, avec des sprites en 2D a été tout à fait pertinente.

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