Wii Sports Resort

Il va y avoir du sport

Comment s'est passé votre week-end ? Moi, je me suis jeté d'un avion. En fait je me suis jeté d'environ 50 avions, plongeant encore et encore en spirale au travers d'un beau ciel bleu, dépassant en trombe Bruce Springsteen, Dan Aykroyd, et ma belle-mère, faisant à chaque fois de jolies grimaces pour les photos, avant que le parachute ne s'ouvre avec un petit bruit délicieux et que je dérive vers l'herbe verte brillante au-dessous de moi.

Le saut en chute libre de Wii Sports Resort fait ressentir tout ce que les fans de son développeur ont souvent de la peine à formuler, et tout cela en aussi peu de temps qu'il le faut pour se laver les cheveux. Je pense que l'on pourrait appeler ça l'Effet Nintendo. En l'occurrence, tout se résume à un plongeon de deux minutes avec un système de contrôle si simple que la plupart des designers l'ignoreraient ou le compliqueraient inutilement avec des jauges et des gâchettes. Les objectifs vont de tâches délicieusement simples à des batailles vraiment tendues sans signes apparents de stress, et la présentation parvient à être à la fois modeste et tranquillement brillante.

Sauter d'un avion, s'efforcer de s'accrocher à d'autres plongeurs en chute libre, poser pour la photo, et marquer des points pour chaque sourire capturé : les mécanismes du saut en chute libre sont si anémiques qu'ils sont pratiquement inexistants – au niveau des défis, c'est à peine interactif – et je n'ai pourtant fait que ça de tout le week-end, encore et encore et encore, juste pour profiter des nuages, de la sensation de vent et de vitesse, et de la chance d'en serrer cinq à Marty McFly à 20 000 pieds d'altitude. Est-ce que je ferai toujours ça dans un mois ? Malheureusement, je pense que non et c'est là où l'Effet Nintendo rejoint l'Effet Wii Sports.

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L'importation de personnages de complément à partir du Contest Channel est une touche admirable, mais si vous activez l'option, il se peut fort bien que vous vous retrouviez à faire du bowling aux côtés d'Hitler plus souvent que vous n'en auriez envie .

Comme c'est le cas avec beaucoup de jeux, l'appréciation la plus claire du titre Wii Sports original se fera à l'aune de sa suite. Traditionnellement, le second titre d'une série affine et étend les forces du premier, tandis que ses faiblesses sont soit soigneusement éliminées, soit explosent malencontreusement sous forme de caricatures grotesques. Par conséquent, même si l'on a déjà consacré beaucoup de temps à mettre en évidence les délices tapageurs du jeu vendu en package avec la dernière console de Nintendo, ce n'est vraiment qu'avec l'arrivée de Resort que l'on pourra voir l'original pour ce qu'il est. C'est en fait une ébauche très habile : audacieux, autosuffisant et parfois négligé, un jeu dessiné à gros traits parfois précipités, et seulement colorié de façon appropriée.

Pas si mal donc. Wii Sports devait servir à la fois de démo et de tutoriel – montrer au public ce que pouvait faire la nouvelle console Nintendo et donner aussi dans le même temps aux développeurs quelques indices quant aux choses qu'elle ne pouvait pas faire. Resort est bien entendu aussi là pour servir de vitrine au hardware, mais le MotionPlus est beaucoup plus qu'un ajout accessoire et cela place le jeu sur un terrain instable. En tant que démo tutoriel, Resort s'acquitte très bien de sa tâche – mettant en lumière le nouveau degré de précision de l'extension et offrant un éventail d'utilisations que d'autres équipes aimeront peut-être mettre en pratique-- mais en tant que suite la réussite est plus discutable. Resort a peaufiné, mais il a aussi glissé dans la caricature. Il est plus joli, mais aussi un peu creux .

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Les contrôles du saut en chute libre sont si instinctifs que l'on n'est pas toujours certain d'avoir ouvert soi-même le parachute ou s'il s'est ouvert automatiquement.

Avec 12 types d'activités de base, contre cinq pour le premier jeu, le premier signe que quelque chose manque arrive lorsque l'on voit un couple de visages familiers dans la foule – et pas seulement sous la forme des résidents du Mii Plaza devant lesquelles vous êtes passé en trombe en dégringolant à travers le ciel. Le fait d'avoir remis les jeux de golf et de bowling du Wii Sport original laisse à penser que Nintendo lui-même sait qu'il a mis de jolies choses dans la suite, mais qu'il manque des grands événements pour lier ensemble tous les éléments.

Cela ne veut pas dire que l'on ne trouvera pas une poignée de nouveaux classiques. WuHu Island, le point central pour les délices de Resort, est positivement bourré de choses à remuer, à balancer, et à mettre sur la table pour un recalibrage soigneux. Avec le combat à l'épée, pour commencer, Nintendo se rapproche plus près qu'il ne le fera jamais d'un mini-jeu de massacre de bébés phoques, à moins qu’il ne souhaite faire une percée stratégique sur le marché du divertissement norvégien. Car vous devez, soit en mettre plein la tête à un adversaire jusqu'à ce qu'il tombe d'une plate-forme, soit, et c'est plus divertissant, vous frayer un chemin dans une horde qui déboule sur vous en assommant un par un tous ses membres en leur tapant sur la tête. Ce n'est pas vraiment une représentation nuancée de ce sport de gentleman – cela penche en fait distinctement vers le combat de gladiateurs – mais le système de marque des combos est intelligent et attrayant, et les sons caverneux qui accompagnent la joyeuse parade de traumatismes crâniens sont très bien restitués.

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