Jeux WiiWare

Icarian et deux Final Fantasy

Ceux qui avaient espéré que le service WiiWare de Nintendo serait un débouché pour des jeux plaisants, originaux et innovants, sont probablement en train de sangloter dans leurs mouchoirs de dentelle. Même si désormais les jeux proposés sont en nombre suffisant, les prix restent prohibitifs et la qualité est souvent reléguée au second plan.

Quelques titres notables sortent cependant du lot desjeux de baston incompréhensiblesetdes dérivés étonnamment simplistes de Wii Sports . Voici notre choix des titres les plus intéressants de ces quelques derniers mois.

Final Fantasy Crystal Chronicles : My Life as a Darklord

  • Prix : 1000 Points
  • Soit : 10 €

Ce titre, un dérivé vaguement en rapport avec un autre dérivé, qui vient se juxtaposer à l'un des premiers jeux du Wiiware, My Life as a King, mérite qu'on lui accorde un certain crédit pour son mélange des genres. À la différence de la série de RPG qui l'a inspiré, et contrairement au jeu de gestion de ressources qui l'a précédé, c'est encore un titre de plus dans le genre de plus en plus encombré du Tower Defense.

En l'occurrence, vous incarnez Mira, la mignonne fille maléfique du Darklord. Désireuse de se faire un nom en tant que force du mal, elle entreprend d'attirer des ennemis valeureux dans sa tour magique (ce n'est pas un euphémisme) de façon à ce que leur défaite augmente sa réputation d'infamie.

Comme c'est un jeu Final Fantasy, même s'il est très éloigné de sa source d'inspiration, l'intrigue est loin d'être aussi simple. Par conséquent, les indispensables secrets et conspirations ont été soigneusement mis en scène grâce à une succession de bulles de dialogue entre les niveaux.

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Qui serait le vainqueur d'un combat entre le Darklord et l'Overlord?

Cela dit, le principe du jeu reste le même tout du long. Les aventuriers envahissent votre tour et vous devez les empêcher d'atteindre le sommet. Pour ce faire, vous commencez par disposer des étages que vous peuplez ensuite de monstres. Chaque étage recèle un artefact que vous devez protéger pour empêcher qu'il ne soit endommagé. Ces artefacts peuvent booster les caractéristiques de n'importe quel monstre de l'étage, causer des dégâts supplémentaires aux aventuriers ou posséder d'autres effets. Si l'artefact est détruit, l'étage s'effondre engloutissant avec lui ses habitants.

Les aventuriers progressent étage par étage, échangeant des coups avec tout ce qui se trouve dans chacun d'eux jusqu'à ce qu'un petit compteur de temps soit épuisé. Ils montent alors au niveau suivant. Un étage ne peut être occupé que par un aventurier seulement et ils continueront donc à grimper jusqu'à ce qu'ils trouvent un endroit libre ; par conséquent, quand le nombre augmente vous devez surveiller où va finir chaque nouvel ennemi qui arrive.

Deux monnaies d'échange gouvernent l'action. Les Points Négatifs représentent l'argent pour les achats et ils sont utilisés pour ajouter des étages et des monstres dans chaque niveau. Vous gagnez des Points Négatifs pour chaque ennemi vaincu et des objets peuvent enrichir votre stock initial pour vous donner un avantage au départ. Le Karma, par contre, se gagne quand on remporte une victoire et il ne peut être dépensé que dans le menu. C'est lui que vous utilisez pour étendre la taille de votre tour - 300 points de Karma permettant d'ajouter jusqu'à cinq étages – et pour booster les caractéristiques de vos créatures. Vous pouvez après cela utiliser vos Points Négatifs pour faire progresser des monstres particuliers jusqu’au niveau voulu.

En tant que base d'un jeu de stratégie au rythme rapide, c'est tout à fait consistant, et le jeu commence rapidement à ajouter des écueils supplémentaires. Les ennemis sont de différentes classes – combattants au corps à corps, combattants à distance et magiciens étant les plus courantes – et une structure rigide de type pierre/papier/ciseaux conditionne la meilleure façon de les combattre. Un magicien sera rapidement abattu par des attaques à distance, mais les combattants au corps à corps auront de la peine à lui infliger des dégâts.

C'est là où les limitations de Darklord commencent à devenir évidentes. Les frontières entre les classes sont si rigides qu'opposer un mauvais type de monstre à un envahisseur donné est totalement inefficace. Comme il n'y a aucun moyen de changer la disposition pour l'adapter à un changement de situation, il est trop facile de se retrouver dans une configuration qui ne fonctionne pas, ce qui conduit à une défaite inévitable. Avant chaque niveau, on vous indique à combien d'ennemis il faut vous attendre et à quelles classes ils appartiendront. Ce que vous ne savez pas, c'est dans quel ordre ils arriveront, ni combien ils seront dans chaque groupe, ni quel sera leur niveau.

Ce qui fonctionne contre quatre Magiciens Noirs de niveau 3 sera une perte de temps contre les trois Gladiateurs de niveau 5 qui peuvent théoriquement venir ensuite. Se réserver toujours quelques endroits libres et économiser les Points Négatifs pour réagir à de telles situations contribue dans une certaine mesure à résoudre le problème, mais au milieu du jeu vous n'aurez encore seulement débloqué qu'un couple de types d'étage, quelques monstres et une poignée d'objets optionnels.

Comme vous disposez d'une réserve de Points Négatifs extrêmement limité et d'un nombre de moyens restreints pour réapprovisionner votre stock, on a toujours l'impression que le jeu ne donne pas sa pleine mesure – les quelques pauvres unités que vous commandez ne vous permettent pas vraiment de vous enfoncer profondément dans les méandres tactiques attrayants qu'offre si clairement le concept.

Il y a une raison à cela : les DLC. Dès le lancement du jeu, il y avait déjà 14 packs de contenus téléchargeables supplémentaires pour booster vos étages, vos monstres et vos objets à un niveau donnant plus de souplesse, pour un prix cumulé de 4700 points (47 €). Cela ne comprend pas les niveaux supplémentaires pour lesquels il faut compter 1000 points (10 €) de plus. Même s'il est possible de finir le jeu sans faire les frais de cet ensemble coûteux de ressources supplémentaires, la structure est telle que le jeu vous incite manifestement à dépenser plus d'argent à chaque opportunité.

My Life as a Darklord possède les fondations d'un jeu de Tower Defense correct, et il se trouvera certainement quelques inconditionnels pour considérer ses limites restreintes comme un plus plutôt qu'un moins. Il y a de la profondeur ici, en particulier pour les fans patients ou impliqués, mais la façon mercantile qu'à le jeu d'agiter ce gameplay, potentiellement riche, comme appât pour acheter des DLC à un prix prohibitif, reste au travers de la gorge.

7/10

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