Test - World of Goo

Mystère et boules de Goo.

De petites bulles rondes qui forment des liens légèrement élastiques quand on les relie les unes aux autres : voilà les éléments de base de ce jeu de réflexion. Avec elles, on peut bâtir une tour ou un pont, ou un truc pour s’échapper du ventre d’une créature géante et flotter dans l’air, le coeur rempli d’espoir, sur des ballons aux grands yeux gonflés à l’hélium.

Il est tout simplement impossible d’enfermer World of Goo dans un cadre référentiel classique et de le clouer sur une planche pour le disséquer méthodiquement à l’aune d’une rationalité scientifique. Il a l’épouvantable habitude de revenir à la vie, de sauter sur ses pieds et de vous faire plein de bisous, puis de tourner sur lui-même jusqu’à s’en étourdir et de tomber en riant.

Eurogamer.fr a bien entendu (et magnifiquement) consacré un article à World of Goo sur PC l'année dernière. Il débarque maintenant sur WiiWare et il y a de bonnes raisons de se pencher à nouveau sur son cas.

Goo commence par vous demander d'atteindre de petits objectifs. Dans le premier niveau, il s'agit de relier ensemble les boules de Goo les plus basiques pour construire une petite tour, de façon à permettre aux bulles inutilisées d'utiliser les liens de cette structure pour atteindre le but du niveau, à savoir le tuyau de sortie. Ils poussent des petits cris quand ils s'engouffrent dans ce tuyau. Le niveau suivant vous demande d'appliquer la même technique, mais cette fois-ci horizontalement, c'est-à-dire d'utiliser les Goos pour construire un petit pont. Dans chaque niveau, il faut qu'un nombre minimum de boules arrivent au tuyau, mais vous êtes fortement encouragé à en sauver le maximum possible.

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Elle est pas magnifique ?!

Il aurait été parfaitement raisonnable d'utiliser ces techniques de façon de plus en plus imaginative et complexe au fur et à mesure de la progression du jeu, et le résultat aurait déjà été fantastique. Ce à quoi l'on ne s'attend pas, c'est à devoir trouver bientôt comment suspendre une chaîne, où les Goo ne sont reliés entre eux que par un seul lien, à des ballons rouges flottants de façon à éviter que le vent violent ne les pousse contre les ailes d'un moulin à vent.

Ou empiler des blocs de pierre animés pour édifier des tours précaires destinées à servir de support à un pont fragile. Ou lâcher des boules récupérables dans des chaînes suspendues. Ou disposer des Goos inflammables de façon à former des mèches élaborées pour faire exploser des robots. Ou encore faire rouler des boules de Goo géantes sur des ponts suspendus pour les acheminer vers des machines broyeuses. Ou...

En fait, avant la fin du chapitre Un (il y en a quatre plus un épilogue), vous rencontrerez des premières approches radicalement différentes. Dans «The Tumbler», on dispose de Goos verts – ceux capables de former trois liens détachables – dans une pièce octogonale qui tourne sur elle-même. Votre structure tourne en permanence sur elle-même au fur et à mesure que vous la construisez et atteindre le tuyau de sortie devient de ce fait une expérience totalement différente.

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Le niveau "Blustery Day" se révèle être un des plus peinards. Il est facile à réussir, mais l'introduction du vent est magnifique.

Il met en exergue les particularités de l'élasticité, les points de rupture des liens, et vous apprend des astuces utiles pour des puzzles ultérieurs très différents. Trouver le moyen d'atteindre le tuyau, pour qu'y soient aspirées un maximum de boules de Goo, dans une pièce qui tourne sur elle-même est un défi qui aurait presque mérité un jeu à part entière. Ce niveau est d’ailleurs le seul où l'on rencontre ce genre de problème. C'est la raison essentielle pour laquelle World of Goo est tellement meilleur que tous les autres jeux de ce type : son inspiration se renouvelle constamment et avec une régularité inédite. Par ailleurs, cet exemple ne montre qu'une des plus simples déviations proposées par le jeu par rapport à ce à quoi l'on s'attendait au départ.

Les puzzles ne sont pas le seul élément qui fait que World of Goo est un tel pied à jouer. C'est à l'évidence l'élément le plus important, mais un tas d'autres choses contribuent à illuminer d'un sourire irrépressible le visage de ceux qui y jouent.

On a beaucoup comparé ce monde cartoonesques à l'univers de Tim Burton, et c'est une comparaison tout à fait appropriée. Goo remplace le côté gothique de Burton par quelque chose de plus sensible. Il est moins sinistre et plus fragile. À première vue, il apparaît totalement plein d'entrain et joyeux, mais il y a en permanence une tristesse sous-jacente car les histoires des chapitres font indirectement penser aux combats des classes opprimées, à l'oppression écrasante du monde industriel, et à la nature éphémère de la beauté. Cela dit, vous pourrez complètement ignorer ce second degré et vous contenter de savourer sa beauté et de vous focaliser sur le plaisir de la résolution des puzzles.

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