Du pareil au... mieux !

Zelda est une série où l'histoire est relativement ténue par rapport à l'immensité des aventures, mais Nintendo a appris à susciter les émotions des joueurs par d'autres moyens : grâce à l'efficacité redoutable d'un doux mélange totalement assumé de nostalgie et de nouveauté. Ce Zelda Skyward Sword semble perpétuer la tradition.
Comme le savent les fans des premiers jours, dans Zelda, plus les choses changent et plus elles restent les mêmes. Loin d'être l'indice d'une panne d'imagination, le côté familier apaisant de la série est au contraire un canevas au succès constamment renouvelé que Nintendo triture à l'infini pour provoquer cette « surprise » dont Miyamoto dit toujours qu'elle est son objectif créatif.
Le plus gros changement dans Legend of Zelda : Skyward Sword est d'ordre mécanique. C'est le premier titre important de Nintendo - en dehors des compilations de mini jeux - construit exclusivement pour le MotionPlus, une amélioration de la Wiimote vieille de deux ans que les créateurs de jeu ont en grande partie ignorée.
Il s'avère que le nouveau jeu Skyward Sword n'était même pas censé le supporter à la base, mais il est finalement bien là et ses effets se font sentir dès que Link manie sa première épée d'entraînement.
Quand on déplace le contrôleur dans tous les sens, le bras droit de Link (pas de chance pour les gauchers !) réplique vos mouvements avec une précision fabuleuse.
Cette précision impacte profondément le combat dans Skyward Sword : il ne s'agit plus seulement d'avoir un bon timing, car la direction dans laquelle les coups sont portés importe énormément. Les premiers ennemis ne peuvent être vaincus qu'en contournant leur défense : un ennemi portant un bouclier au bras gauche doit être frappé par la droite ; une plante avec une «mâchoire» articulée verticalement doit être frappée par un balayage sur le même axe et non pas latéral ; certaines ne révèlent d'ailleurs leurs points faibles que lorsqu'elles sont renversées par un balayage de bas en haut.
Link peut aussi effectuer une attaque spéciale en pointant l'épée vers le ciel, ce qui aspire l'énergie de la lumière, tandis que l'indispensable attaque tournante se fait en agitant simultanément la wiimote et le nunchuk vers la gauche.
Tout cela demande une dépense physique qui pourra ennuyer les plus fainéants, mais cela rend chaque rencontre inédite et excitante.
Le jeu commence par une longue évocation de la relation entre Link et Zelda, ce qui est absolument trognon.
Traditionnellement, les jeux Zelda sont divisés entre le monde du dessus et les donjons souterrains. Dans Skyward Sword, le monde est divisé en trois : le ciel, avec ses îles flottantes ; la surface du monde en dessous des nuages ; et, bien entendu, les donjons.
Le ciel correspond à l'océan de Wind Waker, dans la mesure où c'est une carte immense à parcourir avec de nouveaux territoires à découvrir au fil de son voyage. Link parcourt ce royaume sur le dos de son oiseau gardien que l'on contrôle en tenant la wiimote comme une fléchette, puis en la faisant piquer vers le bas ou pointer vers le ciel, et en l'inclinant d'un côté ou de l'autre.
La maison de Link - et le point de départ de l'aventure - est Skyloft, une petite ville flottant au-dessus des nuages, peuplée de personnages aussi excentriques que d'habitude et regorgeant de mystères et de secrets.
Legend of Zelda : Skyward Sword n'est pas un jeu « speed ». Le prologue, qui commence avec la frénésie d'une sieste en été, évolue doucement, laissant aux joueurs le temps de se familiariser avec les fondamentaux, tout en explorant gentiment la relation entre Link et Zelda.
